Novembre, confinement et tombeau…

Retrouvez-ici pendant tout le temps de notre reconfinement un petit billet à lire et à méditer !        + Père Cyril FARWERCK
 
 
Billet n°24 du jeudi 26 Novembre 2020
 

La béatitude

 

Tous les bonheurs, toutes les joies, toutes les extases goûtés ici-bas seront bien pâlottes à coté de cette joie, qui ne sera pas une joie humaine mais la joie divine envahissant tous les cœurs.

Joie de voir Dieu. Joie d’être avec Dieu. Joie de retrouver aussi tous ceux qui seront avec Dieu ! Ceux que nous avons connus -et tant qu’à faire aimés !- ici-bas. Mais aussi tous les autres ! Nous allons rencontrer tous nos amis les saints ! Nous serons avec la Vierge Marie, avec saint Joseph, avec saint Pierre et saint Paul, avec saint François d’Assise et sainte Claire, avec Saint Jean Paul II et sainte mère Teresa, avec saint Jean de la Croix et saint Benoît, avec Rembrandt, Mozart et Beethoven, avec nos ancêtres que nous n’avons pas connus et nos descendants que nous ne connaissons pas encore ! Ce ne sera pas une joie statique, mais vivante ! Une explosion de joie comme seul l’Amour peut les provoquer. Une communion d’une intensité inimaginable.

Ce sera la « possession saturante du bien dans sa plénitude » ! Nous serons possédés… par la joie !

Ce sera l’accomplissement de la première phrase du catéchisme : « Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui même, dans un dessein de pure Bonté, a librement créé l’homme pour le faire participer à sa vie Bienheureuse ». Cette participation très limitée ici-bas, et pourtant déjà superexaltante, ne connaîtra plus d’obstacle dans la gloire.

 

 
 
Billet n°23 du mercredi 25 Novembre 2020
 

Le jugement dernier.

 

Il n’est pas le jugement qui résulte de la mort individuelle et de la rencontre avec Dieu. Le jugement dernier interviendra lors du retour glorieux du Christ. Ce sera la fin du temps et de l’histoire. Ce jugement sera déclenché par le retour du Christ dans la gloire.

« Le Père seul en connaît l’heure et le jour, Lui seul décide de son avènement. Par son Fils Jésus-Christ, Il prononcera alors sa parole définitive sur toute l’histoire. Nous connaîtrons le sens ultime de toute l’œuvre de la création et de toute l’économie du salut, et nous comprendrons les chemins admirables par lesquels Sa Providence aura conduit toute chose vers sa fin ultime. Le jugement dernier révélera que la justice de Dieu triomphe de toutes les injustices commises par ses créatures et que son amour est plus fort que la mort (cf. Ct 8, 6). » Catéchisme de l’Église catholique § 1040.

A ce moment-là, nous comprendrons tout !

Evidemment, ce jugement général ne contredira pas le jugement particulier. Il ne sera pas la simple reprise ni la répétition de tous les jugements particuliers. Il mettra l’accent sur le caractère social de l’homme, sur le lien que nous avons avec tous et avec la création tout entière. Selon saint Thomas, « Le jugement universel regarde plus directement la totalité des hommes que chacun de ceux qui sont jugés ».

Il débouchera sur l’ultime étape de notre vie : celle de la béatitude absolue, complète, définitive ! Vivement demain !

 

 
 
 
Billet n°22 du mardi 24 Novembre 2020
 

Le jugement particulier.

 

Voici ce que dit le catéchisme à ce sujet : « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours. (§ 1022).

Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour, dit saint Jean de la Croix.

 

Au moment où l’âme quitte son corps, quitte cette terre, quitte le temps, elle rencontre Dieu et reçoit immédiatement sa rétribution éternelle. Il n’est pas ici encore question de résurrection mais d’une purification préalable.

La mort, même si elle ouvre immédiatement sur un premier jugement, que l’on dit particulier parce que chacun à son tour, la mort est d’abord cette rencontre avec Dieu. Qui ne se réjouirait pas de rencontrer Dieu ? La mort et les circonstances de la mort peuvent être difficiles et douloureuses mais la rencontre avec Dieu ne peut être qu’une grande joie, une grande fête.

Comme nous sommes tous appelés au salut, nous ne serons pas jugés sur notre foi -qu’en serait-il alors des autres ?- mais sur l’amour qui est une vocation universelle, vraie pour les croyants comme pour les incroyants ! Aimons de tout notre cœur !

Et gardons la foi.

Cette foi qui permettait à une grand-mère, qui avait toujours eu « peur » de la mort, de dire au dernier moment à ceux qui la veillaient : « Je ne savais pas que c’était si facile de mourir » !

Ou comme sainte Thérèse : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie » !

 

 
 
Billet n°21 du lundi 23 Novembre 2020
 

Et l’enfer ?

 

Et l’enfer dans tout ça ? Il est pavé de bonnes intentions, c’est évident, mais pas que ! Existe-t-il ? Oui. Est-il très peuplé ? Nous n’en savons rien … et il vaut sans doute mieux. Il y a des vérités que nous utilisons très mal. Mais sa possibilité pour nous est réelle et elle met en exergue notre liberté. Nous pouvons aussi dire non à Dieu. Nous le faisons ici-bas à travers chacun de nos péchés. Nous pourrons le dire au dernier moment aussi. Si nous supprimons cette possibilité nous anéantissons notre liberté et nous faisons de Dieu un dictateur qui nous sauve sans nous demander notre avis ! Dieu veut que nous entrions librement dans son royaume. L’amour exige la liberté. L’absence de liberté interdit l’amour.

Ceux qui sont en enfer y sont de leur propre volonté, pas par la volonté de Dieu !

Chacun peut penser ce qu’il veut de l’Église – en fait il vaut mieux en penser ce que Dieu lui-même en pense, Il l’aime ! – mais il est significatif et réjouissant de savoir qu’elle n’envoie jamais personne en enfer alors qu’elle envoie au paradis ! C’est le cas de tous les saints canonisés par elle.

L’Église, comme le Christ, veut que tous les hommes soient sauvés. A la suite du Christ, elle trace une « autoroute pour le ciel ».

L’enfer, c’est être privé volontairement de Dieu. Et c’est Dieu qui est privé, bien involontairement de nous ! Qu’est-ce qui est le plus grave ?

 
 
Billet n°20 du dimanche 22 Novembre 2020
 

La purification finale ou Purgatoire

 

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. » Catéchisme de l’Église Catholique § 1030.

« L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence et de Trente. La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture (par exemple 1 Co 3, 15 ; 1 P 1, 7), parle d’un feu purificateur. Catéchisme de l’Église Catholique § 1031.

Jésus dit lui-même dans l’évangile qu’il y a des fautes qui peuvent être pardonnées dans ce siècle-ci et d’autres dans le « siècle futur » (Mt 12, 31). Dans le siècle futur, au delà de notre mort, les fautes qui n’auront pas été pardonnées avant devront l’être après, le mal ne pouvant pas se tenir en présence de Dieu. Rien que de très logique !

Notre prière demande, accompagne, soutient cette purification. C’est l’aide – la seule possible – que nous apportons à nos chers défunts.

 
Billet n°19 du samedi 21 Novembre 2020
 

Se laisser purifier    

 

            Si, durant notre vie sur terre, nous devons nous préparer à la céleste, en gardant un cœur pur ou en le purifiant dès qu’il a cédé à la tentation et a été contaminé par le péché – « Quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur » dit saint Jean  (1 Jn 3, 3) -, le défunt n’a plus cette possibilité. Son dernier acte libre, face l’Éternel, a scellé son sort.

            Notre liberté mal utilisée nous fait pécher. Mais la liberté qui rend possible le péché quand elle est mal utilisée peut aussi être bien utilisée et nous faire reprendre le bon chemin en recevant le pardon de Dieu, en nous convertissant, en faisant pénitence. Profitons-en, tant que nous sommes sur terre ! Car une fois passée la mort, notre liberté ne peut plus s’exercer. Son dernier acte est au moment de la mort, au moment où elle rencontre Dieu et où elle doit se prononcer de manière définitive : dire oui ou non à Dieu. Dieu ne nous oblige pas à être sauvés. Il veut que nous le voulions, non pas « sentimentalement » mais concrètement. La volonté qui n’est que velléité ne suffit pas. Il ne suffit pas de dire qu’on veut, il faut le prouver.

            Ce dernier acte libre engage notre éternité. Si nous disons « Oui » à Dieu nous sommes sauvés mais sans doute que nous devons être débarrassés de ce mal qui nous colle si bien à la peau du cœur. Nous avons besoin de purification. Or, comme notre liberté n’intervient plus, c’est Dieu seul qui agit, qui purifie. C’est pour l’âme un état passif. Elle doit se laisser purifier. D’où le nom de purgatoire. Ça purge ! Plus on s’entraîne ici-bas à dire « Oui » à Dieu, plus nous lui dirons « Oui » facilement et généreusement en le voyant.

Plus notre cœur sera pur au dernier moment, plus facilement et « rapidement » nous serons unis à Dieu. Mais si notre cœur est sursaturé de péché, il devra subir une purification plus intense.

 
 
Billet n°18 du vendredi 20 Novembre 2020
 

De l’utilité de la prière. (3)

 

            De quoi ont besoin les défunts ? Quelles prières peuvent leur être utiles ? A quoi sont-ils appelés ? Dans le fond, ils ne sont pas si différents de nous !

            Comme nous, ils sont toujours appelés à la sainteté. L’appel de Dieu ne change pas, donc, eux, comme nous, ont besoin de purification.

            Nous avons besoin d’être purifiés, le plus possible, et même totalement : « Heureux les cœurs purs, car ils verrons Dieu ». (Mt 5, 8). C’est la condition.

            Qu’est-ce qui rend impur ? Le péché, rien que le péché, tous les péchés, quels qu’ils soient, quels que soient leur gravité, leur fréquence, leur originalité et même le plaisir que nous prenons en les commettant. Qu’est-ce qu’un péché ? Tout ce qui offense Dieu et nous sépare de Lui : Dieu ne s’éloigne pas de nous, c’est nous qui nous éloignons de Lui.

            Qu’est-ce qui offense Dieu ? Tout ce qui est contre sa volonté.

            Qu’est-ce qui rend pur, qu’est-ce qui redonne la pureté ? La miséricorde du Seigneur, son pardon qui lave nos cœurs.

            Si le péché ne manque pas dans nos vies, la Miséricorde du Seigneur encore moins. Mais comme le malade qui ne va pas voir le médecin et ne prend pas le traitement qu’on lui donne ne peut pas se plaindre de ne pas guérir, ainsi le pécheur doit-il avoir recours au « traitement » de la miséricorde. Dieu nous a tout pardonné par le sacrifice de son Fils mais il faut que son pardon nous atteigne personnellement, nous touche concrètement, nous sauve réellement. Il ne suffit pas de lire l’ordonnance du médecin et de croire que les médicaments sont efficaces. Il faut « subir » le traitement !

Prions pour que nos défunts se laissent purifier par la Miséricorde divine.

 

 
 
Billet n°17 du jeudi 19 Novembre 2020
 

De l’utilité de la prière. (2)

 

            La prière pour soi, pour que nous arrivions à faire la volonté de Dieu, d’accord ! Mais la prière pour les autres, qu’ils soient vivants ou morts, est-ce que « ça marche »?

            Encore une fois, Dieu est un Père et Il réagit comme un père de famille. Dans une famille, un enfant peut très bien demander quelque chose à son père ou à sa mère, pour un frère ou une sœur ! Dieu est touché que nous prenions soin les uns des autres : c’est un signe de charité. C’est de l’amour vécu.

Ainsi nous pouvons demander à Dieu notre Père des grâces pour les autres, pour nos frères et sœurs, la grâce de la sainteté, faire la volonté de Dieu.

Demander comme un enfant. Non comme un consommateur, un diplomate exigeant, un professionnel du chantage, un spécialiste de la négociation.

Prier évidemment ne se résume pas à la prière de demande. Il faut aussi savoir remercier, savoir louer, adorer, contempler.

Peut-on prier pour les défunts ? Oui, aussi bien que pour les vivants. Les défunts appartiennent à la même Église que les vivants. Il n’y a pas de distanciation sociale dans l’Église. C’est plutôt la proximité du prochain qui est la règle ! Et spirituellement, il n’y a pas de distance géographique ! Nous pouvons être en communion avec quelqu’un qui est éloigné physiquement, sur terre, sur la lune ou au ciel !

Prier pour les défunts est une œuvre de miséricorde spirituelle. N’ayons pas peur d’être miséricordieux !

 

 
Billet n°16 du mercredi 18 Novembre 2020
 

De l’utilité de la prière. (1)

 

A quoi bon prier pour les défunts ? Dieu est une « pâte de miséricorde » disait saint François de Sales alors, il va prendre le défunt avec lui : c’est automatique ! L’automatique confine ici au magique !

Si la prière pour les morts ne sert à rien, -ce que disent certains-, la prière pour les vivants sert-elle à quelque chose ?

Qu’est-ce que la prière ? Qui est Dieu, puisque c’est à Lui qu’elle s’adresse ? Est-il un distributeur automatique de grâces ? Et comment nos prières peuvent-elles être efficaces, alors que la plupart du temps nous n’en voyons pas de résultat ? Notre prière est-elle humaine ou divine ? Dépend-elle plus de nous ou de Dieu ?

Prier est d’abord un acte de foi. C’est aussi un acte d’amour, un « élan du cœur », pas le cœur sentimental et superficiel mais le cœur profond, vital.

Dieu est Père, et un Père plein de tendresse et d’amour pour ses enfants. Alors Il les écoute toujours mais Il ne leur donne que ce qui est bien pour eux, et Lui sait mieux que nous ce qui est bien pour nous.

Dans la relation entre Dieu et ses enfants, ce ne sont pas les enfants seuls qui demandent et réclament sans cesse… Dieu aussi demande à ses enfants. La prière est la relation quotidienne qui permet un ajustement, une communion de plus en plus grande entre le Père et ses enfants. Et puisque Dieu ne change pas, la prière, la vraie, la pure, est celle qui nous change, qui permet à Dieu de nous changer pour que nous fassions sa volonté, comme Jésus, le Fils unique et notre modèle, a toujours fait la volonté de son Père, signe de sa communion avec Lui : « Le Père et moi nous sommes Un ». 

Voilà pourquoi la demande, peut-être la plus difficile mais sans doute la plus juste et la plus profonde, est bien : « Que ta volonté soit faite ». Et pour que nous arrivions à faire sa volonté, « Viens Esprit Saint » !

 
 
Billet n°15 du mardi 17 Novembre 2020
 

La célébration. (2)

 

La richesse, tout en sobriété, de la liturgie des obsèques doit aider tous ceux qui y participent à soumettre leur vie au souffle de l’Esprit plus qu’à l’emprise de la chair, toujours mortelle.

Tout dans la célébration, jusqu’à la musique ou les chants, doit élever l’âme vers Dieu plutôt que de la retenir dans le passé, l’enfermer dans l’émotion ou la recroqueviller sur elle-même.

Qu’importe que la défunte ait été la « reine des tartes » (aux pommes bien sûr !) ou que le défunt ait été un as de la pétanque ! Il est essentiel de bien pointer certes, mais vers la perspective de la vie éternelle, qui relativise normalement tout cela et nous aide à aller à l’essentiel.

Plus il y a de foi chez les participants, plus la liturgie révèle sa richesse. Moins il y a de foi, moins elle parle, plus on a tendance à lui faire dire autre chose que ce pour quoi elle est faite !

Alors, bien sûr, on peut faire confiance à celui qui célèbrera les obsèques et se reposer sur lui, comme cette personne qui répondit sans hésitation au prêtre qui voulait la rencontrer pour préparer : « Mon Père, faites comme pour vous, ce sera très bien » !

Dommage ! car la célébration et sa préparation peuvent aussi souvent donner l’occasion d’un « retour de foi », comme il y a des retours de flamme !

Il faut pour cela l’humilité et l’ouverture du cœur, qui se cultivent tout au long de la vie !

 
 
Billet n°14 du lundi 16 Novembre 2020
 

La célébration. (1)

 

On ne va pas célébrer le mort mais pour le mort ! Car le mort n’est pas complètement mort ! Il est défunt, c’est-à-dire qu’il s’est acquitté de la vie, il en est quitte, la vie de cette terre, il s’est acquitté plus précisément de la première étape de la vie. Il lui reste la seconde !

Il avait reçu la vie de ses parents, puis la vie de la grâce de Dieu dans le baptême. Il doit recevoir de Dieu maintenant la vie éternelle.

Et pour bien nous le faire comprendre, la liturgie des obsèques est comme un écho de celle du baptême qu’elle suppose donc !

Le baptême commence à la porte de l’église ? La célébration des obsèques aussi !

Le signe de croix est le premier imposé sur le front du baptisé ? La croix est fixée au cercueil ! Par pitié ! ne la supprimons pas, ne supprimons pas le signe du salut et de l’amour !

Le baptisé reçoit un cierge allumé au cierge pascal ? On dépose sur le cercueil la lumière prise au cierge pascal.

C’est par l’eau du baptême qu’est signifiée la vie nouvelle ? L’eau bénite sera versée sur le cercueil du défunt.

Comme au baptême, on implore la miséricorde du Seigneur, on écoute la Parole de Dieu, on prie le Notre Père, on se confie à la Vierge Marie, ici la « Porte du ciel ». Comme au baptême, on fait aussi la quête !! Tout cela, c’est la vie !

Bien sûr, il y a aussi quelques différences. Notons-en une : l’encens.
L’encens n’est pas un rite qui évoque la mort mais la vie du défunt, qui honore son corps avec lequel il a vécu, travaillé, aimé, souffert et qui est appelé à la vie éternelle, à la résurrection !  » Que ma prière soit comme l’encens qui monte vers Toi  » Ps 141

Tous ces signes liturgiques redisent à leurs manières la parole de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie » !

 

 
 
Billet n°13 du dimanche 15 Novembre 2020
 

Préparer… la suite. (2)

 

Pour nous, la suite, c’est la célébration.

Qu’allons-nous célébrer ? Comme toujours, Dieu le Père, par le Christ et dans l’Esprit !

On ne va pas célébrer le mort mais pour le mort !

Mais on célèbre aussi pour les vivants ! La famille, les proches, tous ceux qui sont dans la peine.

Avons-nous besoin d’une célébration ? Oui, car nous avons besoin nous aussi de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, du Dieu de notre baptême.

Besoin de Dieu pour pouvoir lui adresser nos prières, nos actions de grâce, nos demandes, nos questions, peut-être même nos incompréhensions, nos colères …

« Serais-je consolée un jour, – ou punie –  de mes colères contre la Mort ? Car j’ai eu beau lire, apprendre, savoir, penser et croire tout le bien qu’on peut dire d’elle, la Mort m’a toujours trouvée hurlante à la face du Ciel. »  Marie Noël.

Besoin aussi des autres, besoin de se retrouver, de ne pas se sentir seul avec sa peine, de voir dans les yeux perlants de larmes l’affection pour le défunt. Les consolations spirituelles ne dédaignent pas les consolations naturelles.

Besoin enfin de dire merci et aussi de demander pardon. Pardon, non pour la culpabilité qui naît presque naturellement à la mort d’un être cher : j’aurais pu en faire davantage pour lui… sentiment bien naturel évidemment mais un peu tardif aussi, qui laisse quelques regrets inévitables ! Mais pardon, au cas où vraiment nous avons fait du mal à celui ou celle qui, maintenant, ne peut plus recevoir notre demande en face à face. Le Seigneur « transmettra » !

 
Billet n°12 du samedi 14 Novembre 2020
 

Préparer… la suite. (1)

 

Pour nous, la suite, c’est la célébration.

Qu’allons-nous célébrer ? Comme toujours, Dieu le Père, par le Christ et dans l’Esprit !

On ne va pas célébrer le mort mais célébrer pour le mort ! Le but n’est pas de lui rendre hommage à la manière républicaine qui, bien mal en point pour parler de l’avenir du défunt, ne peut évoquer que son passé.

A l’Église, dans l’église, on confie dans la foi et avec amour au Dieu miséricordieux celui ou celle qui vient de nous quitter.

C’était un enfant de Dieu, comblé de grâce et pécheur. Il a un passé. Il a un avenir.

A l’Église, dans l’église, deux choses essentielles sont à faire pour le pécheur: rendre grâce et supplier.

On rend grâce pour tout ce que Dieu a pu faire de bon dans la vie du défunt ou dans la nôtre à travers lui. On rend grâce pour les dons naturels bien repérables souvent et pour les grâces qui demeurent souvent invisibles à nos yeux.

On rend grâce pour la foi du défunt, pour son espérance, pour sa charité. On rend grâce pour tout ce qui dans sa vie renvoie à l’Évangile. On rend grâce pour les épreuves surmontées.

Et on prie pour le « pauvre pécheur » qui n’a pas toujours été fidèle à Dieu. Qui peut l’être totalement ?

Car si le passé est passé, on ne peut le changer, mais l’avenir commence chaque jour et le jour de la mort n’échappe pas à cette règle !

 
 
 
Billet n°11 du vendredi 13 Novembre 2020
 

Veiller les morts (2).

 

Est-ce important pour le mort ? C’est important surtout pour ceux qui veillent, pour ses proches, ses parents, son conjoint, ses enfants, ses amis, ses voisins.

Nous avons besoin de franchir, les unes après les autres, les étapes de la séparation. Il y a dans la liturgie des prières qui suivent de très près toutes les étapes : avant la mort, à la mort, après la mort, pour la fermeture du cercueil, pour le départ de la maison, pour l’arrivée à l’église, la célébration à l’église, le départ de l’église, la prière au cimetière, la mise au tombeau…  A chaque étape une prière est normalement prévue… Chaque étape est un pas de plus vers la séparation pour des retrouvailles dans la foi et la prière, avant les ultimes retrouvailles éternelles.

Il est bon de prendre son temps auprès du défunt, de s’habituer en douceur à sa mort, de retrouver la paix qui n’enlève ni la tristesse ni la douleur mais nous permet de mieux les supporter.

Il ne faut pas évacuer ces moments très humains, il ne faut pas se débarrasser de ces instants précieux. Il ne faut en priver personne, pas même les enfants, à condition de bien les prévenir, de bien les préparer.

La mort fait partie de la vie et c’est devenir humain que d’apprendre à la vivre.

 

 
 
Billet n°10 du jeudi 12 Novembre 2020
 

Veiller les morts.

 

Aujourd’hui, pour toute sorte de raisons, dès la mort survenue, le mort déménage et va trouver place dans un salon mortuaire, qui ne sera jamais aussi sympathique et familier que la pièce que l’on aurait pu arranger à la maison. C’est vrai que parfois, il n’y a vraiment pas de place à la maison ou dans l’appartement.

Alors, comme cela arrive souvent au Pape, je fais un rêve ! Et surtout pour les pauvres, et tant pis si cela fait de la concurrence aux chambres funéraires !

Au lieu de déposer le défunt dans une pièce anonyme, impersonnelle, froide, -je ne parle pas de la température !-, pourquoi ne pourrions-nous pas faire comme dans un monastère et mettre le défunt dans une chapelle ? Là tout le monde pourrait entrer et venir faire une prière auprès du défunt qui ne serait jamais seul, puisque même la nuit le Seigneur est présent, le Seigneur est tout proche ! On pourrait bénir le corps avec de l’eau bénite -de la vraie !- et mettre quelques bougies ou lumignons ! Ce serait aussi une manière d’utiliser pieusement nos chapelles, surtout dans les paroisses de campagne où elles ne sont plus ouvertes très souvent. Et le défunt resterait dans son village !

Ce serait une manière de ne plus cacher la mort, de la remettre au cœur de l’église, au cœur de la vie. Car la mort fait partie de la vie.

Chez nous, la Chapelle des Pénitents pourrait jouer ce rôle ! Notre-Dame de Bonne délivrance qui est aussi souvent de toutes consolations apporterait le réconfort de sa douce présence.

 

 
 
 
Billet n°9 du mercredi 11 Novembre 2020
 

L’heure de la mort. (2)

 

            La recommandation des mourants, c’est un peu comme un envoi en mission !

Frère très cher / Sœur très chère,

je te recommande à Dieu tout-puissant, je te confie à celui dont tu es la créature, afin que tu retournes à ton créateur, lui qui t’a formé(e) du limon de la terre.

A l’heure où tu quitteras cette vie, que la Vierge Marie, les Anges et tous les Saints viennent au devant de toi.

Que Jésus Christ, le Fils du Dieu vivant, t’accorde le bonheur sans fin du paradis.

Que ce vrai Pasteur te reconnaisse comme une de ses brebis.

Qu’il te pardonne tous tes péchés et te place parmi ses élus.

Puisses-tu voir ainsi face à face ton Rédempteur et trouver dans la contemplation de Dieu la plénitude du bonheur pour les siècles des siècles.  

 

            Et si le mourant ne peut plus prier consciemment à ce moment, heureux est-il s’il a pris l’habitude de la prière du cœur, cette prière qui se fait spontanément dès qu’on ne contrôle plus ses pensées, par la simple répétition intérieure et intime d’une courte phrase. La plus simple, la plus rassurante peut-être : « Jésus, j’ai confiance en Toi ». Comment Jésus pourrait-il décevoir quelqu’un qui lui dirait jusqu’au bout « J’ai confiance en Toi »?                

 
 
Billet n°8 du mardi 10 Novembre 2020
 

L’heure de la mort. (1)

 

            Nul ne la connaît, mais chaque jour nous nous en rapprochons ! On n’a jamais été si proches les uns et les autres de notre mort !

            Qu’il est bon de penser qu’aux derniers instants de notre vie ici-bas nous ne serons pas seuls… qu’il y aura un regard qui se posera sur nous, une main pleine de tendresse, une présence… peut-être une douce prière qui nous confiera à la miséricorde divine, qui nous parlera de notre Père plein de tendresse…

            Après avoir reçu le pardon de tous nos péchés, le Corps du Christ en communion, le sacrement des malades, la prière continuera…

            Il y a dans la liturgie de l’Église les prières dites « recommandation des mourants » pour ceux qui vont passer la mort : on les recommande à Dieu.

            En voici une :

Maintenant tu peux quitter ce monde, âme chrétienne.

Quitte-le

au Nom de Dieu, le Père tout-puissant qui t’a créée,

au Nom de Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, qui a souffert la mort pour toi,

au Nom du Saint Esprit qui a fait sa demeure en toi.

Qu’aujourd’hui tu vives dans la paix,

et que ta demeure soit auprès de Dieu dans l’Église du ciel,

avec la Vierge Marie, la sainte Mère de Dieu, avec saint Joseph, avec saint N…., avec tous les anges et tous les saints de Dieu. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 
Billet n°7 du lundi 09 Novembre 2020
 

Garder la foi.

 

Si la souffrance et l’épreuve peuvent mettre en danger la foi de chacun, il faut tout faire pour la cultiver, la protéger, et même la faire grandir encore.

Garder la foi c’est préférer le Christ, c’est donner à Dieu la première place, et donc à notre âme la priorité sur notre corps !

Bien sûr, il faut soigner le corps. Mais encore plus l’âme !

Le corps ou l’âme ?

La santé ou la sainteté ?

Jésus a répondu à cette question, même si sa réponse n’est pas celle qu’on préfère !

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » Mt 10, 28.

Tuer l’âme ? L’âme peut-elle mourir ? Pas d’une mort naturelle, puisque de nature spirituelle, elle est immortelle ! Alors comment la tuer ? Qui peut la tuer ? Elle-même ! La mort de l’âme relève du suicide !!! Elle seule peut décider de se donner la mort en se coupant radicalement de Dieu, source de la vie. C’est ce qu’on appelle le péché, véritable maladie de l’âme.

Et pour cette maladie-là, le Christ médecin a donné le remède : la confession !

Une âme en bonne santé, c’est une âme qui se confesse souvent. Ceux qui ne se confessent jamais sont malades et s’ils n’en sont pas conscients, c’est peut-être parce qu’ils sont asymptomatiques ! Ils n’ont pas d’autres solutions que de se faire tester ! Une seule chose est nécessaire pour cela : trouver un prêtre !

 

 
Billet n°6 du dimanche 08 Novembre 2020
 

Le sacrement réservé aux malades !

 

             Tous les sacrements, nous le savons, agissent sur l’âme, mais en passant par le corps. L’eau du baptême coule sur le corps, l’onction du Saint Chrême marque le front le jour de la confirmation, l’Eucharistie finit dans notre estomac, le sacrement du mariage se consomme dans l’union des corps, et dans le sacrement de l’onction des malades, l’onction est faite sur le front et sur les mains.

            Mais ce n’est pas le corps qui est visé principalement par la grâce des sacrements. Sinon, le sacrement de l’onction des malades devrait guérir toutes les maladies ou alors être totalement inefficace ! S’il guérissait de toutes les maladies, il aurait été breveté par l’Église, qui aurait fait fortune depuis et qui résoudrait en plus la crise de l’hôpital, bien préparée par les gouvernements successifs.

            Non, ce qui est très souvent observé, c’est qu’après avoir reçu l’onction, le malade manifeste souvent, même si c’est momentanément, un léger mieux physique. De fait, l’âme en recevant la grâce va mieux ! Et quand elle va bien, elle fait du bien au corps. Chacun a déjà expérimenté le fait suivant : étant en petite forme physique, voire même malade, si on lui annonce une excellente nouvelle attendue depuis longtemps, l’exultation qui en résulte fait oublier les soucis du moment, on est dans la joie et l’allégresse, plus fortes que les épreuves.

            Eh bien la grâce est aussi efficace que la nature et même plus puissante !

            Le sacrement des malades ne signifie évidemment pas pour celui qui le reçoit que sa cause est désespérée et que la médecine ne pouvant plus rien, on appelle le prêtre avant le croque-mort ! Bonjour l’ambiance ! Il est fait pour communiquer la force de l’Esprit Saint, aider à vivre chrétiennement l’épreuve et empêcher la souffrance de faire perdre la foi.

 
Billet n°5 du samedi 07 Novembre 2020
 

De marbre.

 

            C’est bien souvent le cas des tombeaux. Mais ceux qui y sont destinés sont de chair et d’âme ! Ils sont humains. Et s’il faut toujours prendre soin du corps, le respecter, le soulager sans acharnement, -merci aux médecins-, il faut aussi prendre soin de l’âme, rôle qui n’est pas exclusivement dévolu aux « soins palliatifs » qui mériteraient d’être beaucoup plus développés dans notre beau pays, surtout à domicile. Laissons de côté la dimension psychologique, à ne jamais négliger, et arrêtons-nous sur la dimension spirituelle.

            L’âme est faite pour Dieu, mais elle doit se préparer à cette rencontre et doit préalablement traverser bien souvent l’épreuve de la souffrance – il est excessivement rare de pouvoir mourir en très bonne santé ! -. Et dans les épreuves causées par la maladie, la prière et les actes de foi sont capitaux.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus elle-même reconnaît que, dans l’épreuve, si elle n’avait pas eu la foi, « elle se serait donné la mort sans hésiter un seul instant ». Que se passe-t-il dans les profondeurs de l’âme de quelqu’un qui souffre ? Et quels besoins de forces, de réconforts, de soulagements, de consolations ?

            Les sacrements des malades sont faits pour cela !  » Les  » ? Oui, ils sont trois ! Le sacrement de l’Eucharistie, -la communion que peut recevoir le malade-, le sacrement de la Réconciliation, qui soulage l’âme et lui donne des forces, le sacrement des malades qui prend le nom d’extrême onction quand il est donné au dernier moment mais qui peut être donné avant. Sainte Bernadette de Lourdes l’a reçu trois fois !

 
 
Billet n°4 du vendredi 06 Novembre 2020

 

Se préparer à sa mort !

 

Tout ce qui dans l’enseignement de l’Église concerne la mort et l’après ou l’au-delà appartient au chapitre des « fins dernières », des fins – la finalité, le but – ultimes. La mort n’est pas une fin en soi, c’est plutôt un commencement !

Nous parlerons donc des fins dernières. Mais il est dans l’ordre des choses de commencer par les fins avant dernières ! Non pas seulement la vie après la mort mais la vie avant la mort !

C’est toute notre vie qui, d’une certaine manière, nous prépare à la mort. Notre éducation et notre foi jouent un rôle très important. Il faut parler de la mort ! Surtout quand tout va bien, c’est plus facile et moins douloureux.

Parler de la mort pour ne pas en faire un sujet tabou. Il n’y a pas de honte à mourir ! Et comme on ne meurt qu’une fois, il vaut mieux ne pas la rater !

Si toute notre vie nous prépare à la mort, il est évident que la « fin de vie », proche ou lointaine, ou l’approche de la mort nous y encouragent davantage.

Il y a bien des dimensions à envisager quand elle approche. Il y a toujours des affaires matérielles à régler, sans pour autant vouloir tout régler… Il y a des relations humaines à rétablir ou conforter, des pardons à demander ou à offrir, des mercis à donner, des au revoir à faire … non seulement de la part du mourant mais aussi de son entourage.

Combien de fois l’agonie se prolonge-t-elle parce que la famille ne veut pas dire merci et au revoir au mourant, mais veut le retenir encore un peu…?

Cela me rappelle une séquence au cimetière où le défunt était sur le point d’être inhumé. Sa sœur presque allongée sur le cercueil répétait pleurant et hurlant : « J’veux partir avec lui, j’veux partir avec lui », ce qui finit par excéder l’autre frère qui lui lança : « Eh bien vas-y si tu veux ! » … ce qu’elle prit très mal.

Heureusement, les Pompes funèbres restaient de marbre…    

 
 
Billet n°3 du jeudi 05 Novembre 2020
 
Même pas mort (pour l’instant) !

 

En tout cas au moment où je poste ce petit billet … mais quand vous le recevrez, qu’en sera-t-il exactement de moi ?
Personne ne sait ni le jour ni l’heure !
C’est pour cela qu’autrefois les bons prêtres encourageaient leurs fidèles, ou plus exactement ceux qui voulaient être fidèles du Christ, à se préparer à la mort. Se préparer à la mort ? Oui ! Voilà au moins une préparation très utile puisque la mort viendra, c’est sûr ! On ne perd pas son temps à se préparer à la mort.
Qu’est-ce à dire ? Est-ce sérieux ?
Oui puisque c’est l’Église elle même qui nous « encourage à nous préparer pour l’heure de notre mort : « Délivre-nous, Seigneur, d’une mort subite et imprévue » demandait l’ancienne Litanie des saints. » (CEC 1014).
Une mort subite et imprévue, c’est la mort à laquelle nous n’avons pas eu le temps de nous préparer … Plutôt que de subir à cause de l’imprévu, prévoyons et assumons !
Beaucoup d’entre nous, sans y faire bien attention, se préparent, en partie au moins, à l’heure de leur mort : chaque fois que nous prions la Vierge Marie avec l’Ave Maria : « Priez pour nous, maintenant, et à l’heure de notre mort » ! Cela n’épuise pas toute la préparation possible mais c’est déjà bien !
Qu’il est doux – rien à voir avec la poussière ! – de savoir que la Vierge Marie, priée avec confiance toute notre vie, sera là à l’heure de notre mort, comme elle était là pour son Fils à l’heure de sa mort !

 
 

Billet n°2 du mercredi 04 Novembre 2020

Enfin un peu de justice !

Nous vivons dans un monde où les injustices et les inégalités, loin d’être réduites, semblent se multiplier et se creuser davantage ! Merci à notre sœur la mort, comme l’appelait saint François d’Assise, qui viendra rétablir un peu de justice, même si c’est au dernier moment : nous allons tous mourir, riches ou pauvres, avec ou sans pouvoir, malades ou en bonne santé, jeunes ou rassasiés de jours, avec ou sans Covid 19, 20 ou 21 !

Nous allons tous mourir, ensemble ou chacun à notre tour ! C’est une certitude absolue ! Pas seulement pour les croyants ! Même ceux qui ne croient à rien mourront !

Alors, pourquoi ne pas y penser un peu, y réfléchir ? Il faut du temps pour réfléchir, et au dernier moment c’est un peu tard !

-« Penser à la mort ? Vous n’y pensez pas ! Vous voulez faire peur à tout le monde ??? »

-« Ah bon ? Et pourquoi associer la mort à la peur ? Pourquoi ajouter à la mort certaine une peur inutile ? Quelle méchanceté de votre part ou au moins mauvais esprit ! »

De fait, pourquoi ne pas associer à la mort la … joie ? Cela pourrait la rendre plus facile !

Penser à la mort peut se faire sous deux angles différents : penser à la mort de ceux qui nous entourent et que nous aimons ou penser à notre propre mort. Je vais mourir, c’est sûr, la seule hésitation est sur le moment : Aujourd’hui ? Demain ? Plus tard ?

… à demain, peut-être !

Billet n° 01 du mardi 03 Novembre 2020

« Si je ne vois Dieu, brillant confinement,

Tu n’es rien pour moi, qu’un vaste tombeau. »

adapté de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Le mois de novembre, passé le premier jour avec la fête jubilatoire de la Toussaint, nous invite à prier pour nos frères et sœurs défunts, c’est-à-dire pour nos morts à moitié vivants, mais c’est la moitié essentielle !

En effet, ce que l’on appelle la mort d’une personne, celle-ci étant un composé de matière et d’esprit, c’est la séparation de l’âme, principe animateur, et du corps. L’âme n’animant plus le corps, le corps tombe en poussière ou en « poudre » comme le disait saint François de Sales dans sa belle langue, ce qui paraîtra évidemment à chacun beaucoup plus doux … voire enviable !

Le corps tombe en poussière, selon les lois de la nature, mais l’âme ? Où est-elle ? Que fait-elle ? Ne se sent-elle pas un peu toute nue sans son corps, comme amputée ? Et si son corps lui manque, est-ce définitif ? Sera-t-elle frustrée éternellement ?

Car l’âme, spirituelle, ne meurt pas, ou pas de cette mort naturelle… Elle est créée immédiatement par Dieu, et elle est éternelle.  Notre âme est immortelle : nous ne le croyons pas, nous le savons. Ce qui est spirituel ne meurt pas.

Autrement dit, à la mort le corps est pour le tombeau, tandis que l’âme tombe haut !

Alors, en ce temps de confinement, évitons que notre moral ne tombe bas !….

Gardons les yeux fixés sur le Christ. Il a des choses à nous dire …

Retrouvez ci-dessous les 55 billets du Père Cyril FARWERCK du premier confinement – Mars à Mai 2020

Dernier billet  : n°55 du Dimanche 10 Mai 2020

Ça y est ! on déconfine ! Demain nous serons libres !

Bien sûr, avec une multitude de précisions, de précautions, d’attentions, avec minution, non munition, non minutie ! Ah …. 55 jours de confinement strict, ça vous ramollit le cerveau, ça vous fait oublier la vie d’avant, ça vous habitue à vous passer de la liberté de penser, de savoir ce que vous devez faire tant que vous navrez, euh ? navet… non ! … n’avez pas reçu un décret et des protocoles !

Heureusement, nous catholiques, nous facilitons la vie du gouvernement ! Pas besoin de précision, pas besoin de protocole : la messe publique est interdite. Point, c’est tout. C’est pas compliqué ! Nous pouvons aller partout, sauf à la messe ! Merci à ceux qui prennent un soin si diligent de notre santé virale … euh ? de notre santé mentale ?

Nous pouvons aller au supermasqué, … non ! au supermarché, masqués et en marchant pour ne pas courir de risques ! Nous pouvons aller visiter musées et châteaux s’ils sont à moins de 100 km à drônes… non drôles… ah noms !  …à vol d’oiseaux !

Peut-être tout cela a-t-il un sens ? N’est-ce pas finalement la messe qui représente le plus grand danger ? Parce qu’elle nous empêche d’idolâtrer tout autre pouvoir que Celui de l’Amour de Dieu dans nos vies ? Dangereuse messe qui nous enveloppe, célébration après célébration, de la tendresse de Dieu ou qui pourrait par un coup de grâce, semblable au coup de foudre subi par saint Paul, nous obliger à offrir toute notre vie au Seigneur, sans restriction, sans précaution, sans protocole ? « Ton amour vaut mieux que la vie » ! Une messe, une seule messe mériterait l‘offrande totale et définitive d’une vie.

Ces billets confits, … ou… qu’on fit durant le confinement prennent fin, pas plus finement qu’ils n’ont commencé ! N’étant plus confinés, c’est contraints qu’on finit !

MERCI   : billet n°54 du Samedi 09 Mai 2020

Au moment où vont prendre fin ces billets, il est nécessaire que l’un d’entre eux au moins soit exclusivement consacré à l’action de grâce !

Non pas pour les souffrances innombrables, passées, présentes ou à venir mais pour le courage de ceux qui les ont surmontées ; pour ceux qui « se sont bien battus » comme le dirait saint Paul ; pour ceux qui ont pu faire de ce temps particulier un temps de progrès spirituel, de charité fraternelle.

Merci à tous ceux qui ont continué à venir dans nos églises quand elles étaient ouvertes simplement parce que Jésus Lui-même y était ; merci à celles et ceux qui ont continué à les entretenir, à faire un peu de ménage, à les fleurir, à mettre un cierge, à manifester d’une manière ou d’une autre que la Maison de Dieu n’était pas abandonnée.

Merci à ceux qui ont prié et persévéré dans la prière.

Merci à ceux qui ont continué à recevoir les sacrements, chaque fois que c’était possible.

Merci à tous ceux qui ont d’une manière ou d’une autre maintenu le contact avec Dieu et avec leur prochain, qui ont pris des nouvelles les uns des autres, directement ou indirectement.

Merci à tous ceux qui se sont souciés de la paroisse.

Merci à ceux qui ont fait vivre le site internet, qui était comme une petite manifestation du lien entre nous.

Louez le Seigneur, tous les peuples ; fêtez-le, tous les pays !

Son amour envers nous s’est montré le plus fort ; éternelle est la fidélité du Seigneur ! Ps 116

Billet n° 53 du Vendredi 08 Mai 2020

L’anniversaire de la Victoire, en ce 8 mai, n’aurait-il pas comme un petit goût de défaite à la sauce Covid ? Dans toute cette histoire, depuis plus de cinquante jours, demeure la désagréable impression d’avoir été pris pour des … demeurés. On nous a tout dit et surtout son contraire et avec un aplomb méritant un Oscar. On nous a tout dicté comme à des gamins, on nous a menacés … et nous avons été punis. On a affirmé haut et fort qu’on comptait sur le sens des responsabilités des Français mais on ne leur a pas laissé le choix ! On a réalisé, paraît-il, plus de contraventions qu’il n’y a eu de tests ! Financièrement, au moins, c’est une bonne affaire !

Quelques menaces planent encore …

Mais il faudra bien sortir, avec ou sans virus, de cette situation. En sortir sans rancune ni naïveté.

Demandons cela au Seigneur, à l’exemple d’une sainte Jeanne d’Arc dont nous fêtons ce mois-ci, le 16, le centenaire de la canonisation et qui réussit à être parfaitement fidèle à Dieu dans son combat au cœur du monde et de l’Église et dans un contexte bien difficile et peu reluisant !

Du procès de Jeanne d’Arc :

La Fontaine : « Savez-vous si sainte Catherine et sainte Marguerite haïssent les Anglais » ?

Jeanne : « Elles aiment ce que Dieu aiment et haïssent ce que Dieu hait »

La Fontaine : « Dieu hait-il les Anglais » ?

Jeanne : « De l’amour ou haine que Dieu a pour les Anglais, ou de ce que Dieu fera à leurs âmes, je ne sais rien. Mais je sais qu’ils seront boutés hors de France, excepté ceux qui y mourront ; et que Dieu enverra victoire aux Français, et contre les Anglais. » Audience du 17 mars (!) 1431

Billet n° 52 du Jeudi 07 Mai 2020

Le déconfinement va sonner le glas de ces petits billets d’humeur plus ou moins spirituelle.  Nous allons pouvoir passer à des choses plus sérieuses ! « Donnez-nous aujourd’hui un billet de ce jour », ça va bien un moment !

Bien sûr, nous n’oublierons pas de prier et nous continuerons de prier pour tous les défunts de cette pandémie, pour tous les malades, pour tous ceux qui se sont dévoués et se dévouent encore pour eux. Nous n’oublierons pas aussi de prier pour tous les responsables de cette catastrophe. Avec un peu d’espoir dans la justice des hommes et grande Espérance dans la Miséricorde divine.

Pensons aussi à nous-mêmes. Qu’est-ce que cette expérience va changer pour nous ? Le monde d’après ne sera pas bien différent de celui d’avant, peut-être pas même meilleur et peut-être pire ! Aucun de nous n’a la possibilité de changer le monde mais heureux serons-nous si nous pouvons changer un peu nous-mêmes !

Un peu moins de technique et un peu plus d’humanité ?

Un peu moins d’idéologie humanitaire et un peu plus de charité incarnée ?

Un peu moins de distanciation sociale et un peu plus de communion ?

Un peu moins d’égoïsme et un peu plus d’amour ?

Un peu moins de péchés et un peu plus de confessions ?

Un peu moins de protocole de santé et un peu plus de protocole de sainteté ?

« Tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. » Col 3, 17

Tout le reste est déjà du gaspillage !

Billet n° 51 du Mercredi 06 Mai 2020

A vos masques ! Prêts ? Partez … ! mais pas en vacances ! Enfin, n’en prévoyez pas trop … On vous dira début juin… dès que le « StopCovid » sera prêt, cette application de traçage qui permettra de suivre tous vos déplacements …

Vous serez cachés derrière vos masques mais surveillés par votre smartphone…

Début juin ? Mais ce sera aussi après la Pentecôte ! Et si un grand vent venait tout renouveler d’un coup, ce serait quand même une bonne chose !

L’Esprit de Lumière venant rétablir la vérité ! L’Esprit de Vérité venant faire la lumière !

« Quand on crie : Au feu ! tout le monde a peur. Que sera-ce, quand on criera : Au Saint-Esprit ! » Léon Bloy. Journal, 16 juin 1904.

Il est très difficile de se préparer à la sortie du confinement. Les chefs d’entreprises, les directeurs d’établissements scolaires ou de crèches n’en peuvent plus : des protocoles sanitaires de 30, 40, 50 pages, avec des consignes aussi précises qu’irréalisables et qui sont modifiées chaque jour ou presque !

Mais nous pouvons déjà nous préparer à la Pentecôte. Tout ce Temps pascal nous y aide avec la Parole de Dieu et les oraisons de la liturgie, et ce sera de plus en plus vrai au fur et à mesure que nous nous approcherons de cette grande fête.

Se préparer à recevoir l’Esprit Saint. S’y disposer, lui faire de la place.

« Il ne suffit pas qu’un Dieu se donne, il faut encore qu’on le reçoive » prêchait le grand Bossuet.

Se préparer à recevoir l’Esprit Saint comme on se prépare à recevoir le Corps du Christ en communion. Pour beaucoup, nous l’espérons, la communion pascale se fera peut-être à la Pentecôte : n’oublions pas de nous y préparer par le Sacrement de la Réconciliation. L’Esprit est donné dès le jour de la Résurrection pour que l’Église, au Nom de Dieu, pardonne tous les péchés.

Billet n° 50 du Mardi 05 Mai 2020

Il approche … le déconfinement ! Mais le confinement … prépare son prolongement. Un arsenal de règles se précise en ces jours cruciaux qui seront encore un peu crucifiants ! En effet, tout semble se passer maintenant comme depuis le début de la crise, chaque chose signifiant à peu près son contraire ! Ainsi, allons- nous être déconfinés, mais avec tellement de conditions pour les uns et pour les autres, que le confinement va continuer avec un tout petit peu plus -apparemment- de libertés mais beaucoup plus de règles à respecter pour en profiter ! A vous décourager du déconfinement !

Très finement, il nous faudra quand même essayer d’en profiter jusqu’à ce qu’on finisse, finalement, aux confins du déconfit !

Billet n° 49 du Lundi 04 Mai 2020

Ce n’est évidemment pas sans raison que le Pape Benoît XVI, cité hier, réhabilite le sacrifice dans une encyclique sur l’Espérance. Sans Espérance, il n’y a plus aucune raison d’offrir un seul sacrifice ! Le sacrifice est le signe de l’Espérance.

L’Espérance n’est pas l’inconstant espoir humain mais bien la vertu théologale qui s’appuie sur Dieu :

« Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ, votre grâce en ce monde et le bonheur éternel dans l’autre, parce que vous l’avez promis et que vous tenez toujours vos promesses. »

L’Espérance chrétienne suppose la communion des saints. En cette période de distanciation sociale, il est bon de retrouver la foi en la communion des saints, de sentir la prière et la tendresse de tous les saints du Ciel, qui nous enveloppent sans cesse, et d’être bien assurés de leur aide.

Sainte Thérèse, qui a si bien mis en valeur la joie et la fécondité du sacrifice, savait que toutes ses œuvres n’avaient aucune valeur mais, qu’en les faisant passer par les mains du Christ, subissant ainsi « un attouchement divin », elles prenaient une valeur infinie.

« Ah ! je le sais bien, toutes nos justices n’ont devant tes yeux aucune valeur,

Pour donner du prix à mes sacrifices je veux les jeter en ton Divin Cœur. » Poésies PN 23

En ce début de semaine, la dernière peut-être du « confinement strict », nous mettons un peu d’espoir dans la bonne volonté du gouvernement (ceci est probablement une fake-news), nettement plus dans les décisions des évêques, mais par-dessus tout nous mettons notre Espérance en Dieu qui nous fait dire : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».

Que la liberté de culte soit respectée en France ! Que ceux qui le désirent puissent aller aussi facilement à la messe qu’au supermarché !

Billet n° 48 du Dimanche 03 Mai 2020

Prier pour les vocations. C’est aujourd’hui, plus que les autres jours, plus que chaque jour de l’année ! Mais prier ne suffit pas. Quelques curieux parmi nous sont allés sur le site de la paroisse voir la brève présentation du prêtre qui a offert sa vie pour le sacerdoce et les vocations et par qui nous passerons pour voir nos prières exaucées. Prêtre qui est donné en exemple par le Service des Vocations de notre diocèse.

Prier fait partie de la vie chrétienne. Mais se contenter de prier ne peut suffire et convenir au Seigneur. Lui-même a prié, parfois des nuits entières. Il ne s’est pas contenté de prier, alors même que sa prière, toute puissante, pouvait tout obtenir en un instant. Il a prié et il s’est « sanctifié lui-même » (Jn 17, 19), il s’est offert en Sacrifice. La fécondité du grain de blé suppose sa mort. Ici, une mort offerte par amour pour le salut du monde.

Ce Sacrifice, actualisé dans la célébration de la Messe, ne cesse pas de porter du fruit, beaucoup de fruit.

Et nous pouvons ajouter nos petits sacrifices au Sacrifice parfait du Christ pour que le Seigneur lui-même leur fasse porter du fruit. Un sacrifice, c’est une prière en acte, un acte d’amour.

« Je voudrais encore ajouter une petite annotation qui n’est pas du tout insignifiante pour les événements de chaque jour. La pensée de pouvoir « offrir » les petites peines du quotidien, qui nous touchent toujours de nouveau comme des piqûres plus ou moins désagréables, leur attribuant ainsi un sens, était une forme de dévotion, peut-être moins pratiquée aujourd’hui, mais encore très répandue il n’y a pas si longtemps. […] Que veut dire « offrir » ? Ces personnes étaient convaincues de pouvoir insérer dans la grande compassion du Christ leurs petites peines, qui entraient ainsi d’une certaine façon dans le trésor de compassion dont le genre humain a besoin. De cette manière aussi les petits ennuis du quotidien pourraient acquérir un sens et contribuer à l’économie du bien, de l’amour entre les hommes. Peut-être devrions-nous nous demander vraiment si une telle chose ne pourrait pas redevenir une perspective judicieuse pour nous aussi.» Benoît XVI, Spe Salvi, § 40.

C’est l’amour qui donne au sacrifice toute sa valeur. Plongé dans l’amour infini du Christ, chaque sacrifice, aussi infime soit-il, peut porter un fruit immense. Comme avec ce prêtre qui, quelques années après sa mort, avait fait naître, après Dieu sept autres vocations sacerdotales.

Billet n° 47 du Samedi 02 Mai 2020

Est-ce la volonté de Dieu que le gouvernement interdise la célébration publique de la messe plus longtemps que l’ouverture des commerces et autres lieux de rendez-vous ? Non, évidemment. Et cependant, nous subissons cette décision.

Comment vivre cela ? Entre obéissance libre, c’est-à-dire intelligente, et soumission passive, qu’allons-nous choisir ?

Il y a là un sacrifice qui nous est demandé, qui cependant ne nous dispense pas de lutter contre une injustice, ne nous dispense pas d’avoir du courage dans la lutte et de chercher des solutions pour retrouver notre liberté. Quand on est privé de nourriture, on peut l’offrir au Seigneur ! Mais il faut aussi tout faire pour en trouver !

S’il y a sacrifice, c’est celui de l’obéissance à Dieu plutôt qu’aux hommes. Dieu ne demande pas à ce qu’on désobéisse aux autorités légitimes. Il demande même l’obéissance. Mais avec cette limite, cette frontière : Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes quand les hommes s’opposent à Dieu.

Heureusement, les retrouvailles entre amis seront possibles dès le 11 mai. Certes, ceux qui prennent cette décision ne doivent pas avoir beaucoup d’amis pour en limiter le nombre à 10 ! Mais Celui qui a dit : « Je vous appelle mes amis » ne sera pas mécontent de nous retrouver… 10 par 10 !

Billet n° 46 du Vendredi 01 Mai 2020

En commençant le mois de Mai, « mois de Marie », en faisant mémoire de Saint Joseph, nous continuons notre confinement, notre sacrifice de confinement ! Joyeusement, si possible !

Marie offrait-elle des sacrifices ?

Oui, et le plus beau, le meilleur, le plus profond, celui que son Fils réclame avant tous les autres.

« En entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. »  He 10, 5-9.

Ce ne sont plus des choses extérieures qu’il faut offrir à Dieu ! Ce ne sont plus des animaux, taureaux, veaux gras ou agneaux par milliers. Il ne faut pas sacrifier les autres, mais soi-même !

Non plus un sacrifice extérieur mais un sacrifice intérieur.

Le sacrifice que le Seigneur attend de nous, c’est celui de notre volonté propre afin que  sa
« volonté soit faite ». C’est finalement l’obéissance qui est le sacrifice le plus profond, le plus exigeant, le plus spirituel. Le Christ s’est fait obéissant jusqu’au sacrifice total.

Or Marie, depuis l’Annonciation, n’a pas d’autre désir : « Que tout se passe pour moi selon ta Parole ».

Marie a toujours fait la volonté de Dieu. Prions-la avec confiance. Qu’elle nous aide à nous offrir « en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu ».

Billet n° 45 du Jeudi 30 Avril 2020

Pas de christianisme sans sacrifice de la Croix. C’est un exemple que je vous donne, dit Jésus.

Il n’y a pas de chrétien sans que celui-ci « cultive » le sacrifice.

Il n’y a pas de sacrifice sans amour. Ni d’amour sans sacrifice.

Le plus grand sacrifice révélant le plus grand amour.

Les saints nous le rappellent tous, chacun à sa manière, ce qui déjà manifeste la variété infinie des sacrifices possibles.

Alors, bien sûr, ça se voit ! ça s’entend ! Avoir utilisé six fois le mot sacrifice en six courtes phrases provoque de longues réactions de mécontentement, de colère, d’incompréhension, voire de refus : une fin de non recevoir sur laquelle il est hors de question de revenir. « Ne parlez plus de sacrifice ».

Ça va être difficile …

Il faut oser parler de tout, même de ce qui dérange. La difficulté est d’en bien parler.

Il n’y a pas de sacrifice sans amour. Ni d’amour sans sacrifice.

Le refus du sacrifice serait-il un refus d’aimer ?

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus raconte qu’à une époque de sa vie, elle ne « comprenait pas la joie du sacrifice ».

Demandons la grâce de comprendre « la joie du sacrifice » ! Il nous sera bien plus facile d’en offrir !

Billet n° 44 du Mercredi 29 Avril 2020

Le Sacrifice du Christ est la cause universelle et absolue du salut de l’humanité de tous les temps, passé, présent et à venir… Voilà pourquoi l’Église célèbre la messe tous les jours. C’est l’actualisation du Sacrifice du Christ.

« Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial, c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit » affirme l’oraison sur les offrandes du Jeudi Saint. Et c’est pour cela que la même oraison nous fait demander : « Seigneur, accorde-nous la grâce de vraiment participer à cette eucharistie ».

« Vraiment participer à un Sacrifice » ? Est-ce bien la conscience qui est la nôtre quand nous sommes à la messe ?  Et comment participer à un sacrifice ? En prenant ses distances avec lui ? En l’offrant sans nous offrir nous-mêmes ?

La troisième prière eucharistique nous fait demander : « Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire »

Mais l’Esprit Saint ne fera rien sans nous : Il respecte trop notre liberté !

Alors, si nous voulons être exaucés, il faut nous offrir nous-mêmes, totalement. Nous offrir partiellement au Seigneur, ce sera toujours lui offrir ce à quoi nous tenons le moins !

Stat Crux, dum volvitur orbis ! La devise des chartreux l’exprime à merveille : la terre tourne (et passe) ; la croix reste, demeure.

Le Sacrifice -c’est la croix vivante- demeure et demeurera.

« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. » Mt 10, 38

ou de manière semblable : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Jn 15, 13

Billet n° 43 du Mardi 28 Avril 2020

« Le mal existe, donc Dieu existe », disait-on tout simplement, tout logiquement au Moyen-Âge, période lumineuse à bien des égards. C’était là un résumé : Le mal existe, donc le bien existe, donc Dieu, cause de tout bien, existe.

Le mal existe et il suppose le bien.

Mais le mal, par accident, peut aussi et malgré lui, faire naître du bien !

Ainsi, devant une pandémie, le dévouement de tous les soignants, leur courage en face du danger, sans doute toujours présent, prennent-ils de nouvelles dimensions qui forcent l’admiration.

Devant un crime, le pardon pourra se manifester.

En fait, le mal révèle sans doute autant la lâcheté que le courage, provoque autant le mal que le bien. Chacun réagit selon ce qu’il est mais certains se découvrent aussi bien plus courageux qu’ils ne croyaient l’être !

C’est un verset capital, comme il y en a tant chez saint Paul : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien ». Le mal oblige à un plus grand bien !

Dieu, le premier, en face du mal, ne réagit jamais mal ! Il réagit bien ! Il intensifie le bien. Ses vengeances ne sont que débordements de miséricorde !

Que chacun s’interroge donc !

Que tout le mal rencontré soit toujours une occasion rendue bonne de faire le bien, de faire du bien. N’est-ce pas l’essence du sacrifice que de rendre sacré ce qui ne l’est pas, ou plus sacré encore, ce qui l’est déjà ?

Ainsi la Passion et la mort du Christ, par la Puissance de son Amour infini, deviennent la cause adorable du Salut du monde, de la Rédemption.

Billet n° 42 du Lundi 27 Avril 2020

En attendant les consignes du déconfinement, puis leurs interprétations, puis les précisions sur les interprétations, puis les indications concrètes à propos des précisions, puis les contre-indications, tout cela avant l’application des contre-indications des indications précisant les interprétations du déconfinement, il faut continuer à vivre ce qui nous est imposé. Rien que pour aujourd’hui.

Pour le déconfinement, la libération, la délivrance, il nous faut attendre. Il nous faudra toujours attendre. Car le Paradis n’est pas pour tout de suite, et une vie parfaite, libérée de tous les confinements, conditionnements et renoncements n’est pas pour ici-bas ni pour ce temps.

On peut espérer un monde meilleur mais cet espoir qui habite naturellement le cœur de tout homme subit bien des revers. L’actualité nous le rappelle.

Il faut travailler pour le bien. Mais nous savons que dans le champ, avec le bon grain, pousse aussi l’ivraie. Le mal aura toujours une place ici-bas, tant que le retour du Christ n’aura pas lieu, tant que le temps ne basculera pas dans l’éternité.

Si le mal a toujours une place, la Croix est toujours d’actualité !

Si la Croix est actuelle, la grâce infinie est offerte.

Si la grâce infinie est offerte, nous pouvons offrir en sacrifice tout ce qui nous arrive, afin de ne pas le subir comme des victimes incapables de réagir.

Offrir en sacrifice, c’est demander à Dieu qu’Il transforme tout ce qu’on lui offre : le mal en bien et le bien en un bien plus grand !

« Dieu, étant souverainement bon, ne laisserait aucunement un mal quelconque exister dans ses œuvres, s’il n’était tout puissant et bon au point de pouvoir faire sortir le bien du mal lui-même. » Saint Augustin

Billet n° 41 du Dimanche 26 Avril 2020

Le confinement a déjà duré plus de 40 jours ! Et cependant, nous ne sommes pas encore complètement confits !

Après la déstabilisation brutale qu’il a été pour nous dès le début, avec le temps s’invite une autre déstabilisation, moins sensible, plus sournoise mais peut-être plus dangereuse.

Avec le temps qui passe, et plus le temps passe, plus nos repères s’estompent, s’effacent, semblent disparaître. Nous sommes encore plus fragilisés.

Après une première adaptation urgente il y a 40 jours, il nous faut trouver encore un nouvel équilibre… pour patienter et tenir.

Plus le confinement durera longtemps, plus il finira mal pour un certain nombre d’entre nous et d’autant plus grand, ce nombre, qu’il durera plus longtemps, ce temps ! Pas seulement du point de vue économique, mais aussi parce qu’il laissera des traces profondes en nous.

On ne peut pas souhaiter autre chose qu’un déconfinement le plus rapide possible, sans prendre aucun risque, sauf bien sûr, un risque proportionné. Il n’y a pas de vie sans risques.

Il faut résister au virus, au confinement et aux conséquences des deux !

Pour tenir dans ces circonstances, il faut trouver un équilibre subtil entre vivre l’instant présent sans trop penser à l’avenir, et penser à l’avenir sans trop fuir l’instant présent…

Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère

Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit

Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre

Je n’ai rien qu’aujourd’hui !…

Oh ! je t’aime Jésus ! vers toi mon âme aspire

Pour un jour seulement reste mon doux appui.

Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire

Rien que pour aujourd’hui !

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Mon chant d’ aujourd’hui

Billet n° 40 du Samedi 25 Avril 2020

Revenons à Beethoven ! Nous fêtons les 250 ans de sa naissance cette année ! Lui aussi a vécu une sorte de confinement de plus en plus intense avec une surdité précoce qui ne cessa de s’aggraver. Évidemment, ce n’était pas un saint, mais les artistes et les saints ont d’indéniables ressemblances !

Ceux qui accomplissent leur vocation ont ceci de ressemblant : ils ne se ressemblent pas entre eux ! Ils sont tous uniques et d’autant plus « originaux » qu’ils sont fidèles à leur vocation naturelle ou surnaturelle. De fait, il n’y a pas deux saints qui se ressemblent ; chacun est absolument unique.

Ainsi Beethoven disait : « Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi. Des princes, il y en a et il y en aura encore des milliers. Il n’y a qu’un Beethoven. »

Peut-être y a-t-il un peu d’orgueil, mais ce n’est pas la question. Dans toute erreur, il y a une part de vérité.

Chacun peut dire : « moi » est absolument unique et le sera d’autant plus que « moi » sera fidèle à sa vocation.

Un contemporain de Beethoven lui disait : « Si l’on savait ce que vous PENSEZ dans votre musique ! ». Sans doute est-ce aussi une manière de dire que ceux qui n’appréciaient pas la musique de Beethoven étaient ceux qui ne pensaient pas !

Une musique qui pense ou qui fait penser ?

De fait, il y a toujours eu deux types de musique. Une musique qui s’adresse à l’esprit, une musique qui s’adresse à la sensibilité. « Il est intéressant de constater que l’alternative entre musique « spirituelle » et musique « sensuelle » traverse toute l’histoire de la religion… » J. Ratzinger.

Ou, comme l’exprimait un moine bénédictin : « Il existe deux sortes de musique ; l’une qui rend l’auditeur esclave de ce qu’il entend ; l’autre qui le rend libre par le moyen de ce qu’il écoute ou chante. La première envoûte la sensibilité, la seconde est œuvre d’esprit. »

Aujourd’hui, il se pourrait bien que la musique et les paroles les plus écoutées s’adressent quasi exclusivement à la sensibilité. Elles rendent esclaves.

Ceci est un signe des temps car, selon le grand mot de saint Thomas, « l’homme ne peut pas vivre longtemps sans délectation, et s’il n’a pas de délectation spirituelle, il décline vers les charnelles. »

Le progrès ne se mesure pas par la technique ou la matière mais par les progrès de l’esprit. « Civiliser, c’est spiritualiser » écrivait Raïssa Maritain.

« Un amateur passionné de musique peut fort bien être un homme pervers, mais je le croirais difficilement de quelqu’un qui a soif de chant grégorien. » Simone Weil.

Billet n° 39 du Vendredi 24 Avril 2020

« Arrêtez le cirque ! »

Dans la bouche d’un archevêque de Paris, cela ne passe pas inaperçu ! Surtout répété 4 fois en moins de 3 mn.

Un cirque ne se confine jamais à un seul numéro d’artiste ! C’est la variété des spectacles qui fait son charme : le clown, le magicien, l’acrobate, … les pop corn… l’ambiance … le public familial…

« Arrêtez ce cirque ! »

L’ambiance, aujourd’hui, n’a d’abord rien de charmant ! Elle est plutôt morbide et angoissante, usante… et déstabilisante car on ne sait toujours pas si tout ce qu’on nous impose est vraiment justifié…

« Arrêtez ce cirque ! »

Quel cirque ?

Celui des policiers qui entrent armés dans une église pour arrêter une messe !

« Arrêtez ce cirque ! »

Celui de la communication jusqu’avec le Vatican…

Celui des diktats qui tombent de haut et qu’il faut remplacer par une intelligence qui prend en compte la réalité dans ses différentes manifestations particulières.

« Arrêtez ce cirque ! »

L’objectif est de pouvoir de nouveau célébrer la messe avec le Peuple de Dieu, tout en tenant compte évidemment des précautions sanitaires !

Et si ce cirque ne s’arrête pas, « on va prendre la parole et aboyer très fort » !

Messieurs les Evêques, on compte sur vous !

Ajout au billet du 1er avril à propos du déconfinement.

Monsieur le Ministre de l’économie souhaitant ardemment que tous les commerces puissent ouvrir à partir du 11 mai, afin de répondre à son souhait et pour être parfaitement en règle, la messe sera célébrée normalement mais pour manifester la dimension commerciale :
    -Ne pourront participer que les paroissiens à jour de leur Denier de l’Eglise     -Une place dans l’église sera vendue 1 €. Pour les familles nombreuses, à partir de 4 enfants, ce sera 1 € mais pour le banc entier;
     -Pour la communion, les hosties non consacrées seront à 2 € (pour les personnes qui ne se seront pas confessées avant Pâques ou le 11 mai);
     -Les hosties consacrées seront à 25 €. Tarif dégressif pour les familles dès le 1er enfant ayant fait sa première communion : 15 €, puis 10 €, puis 5 €. Gratuit à partir du 4ème enfant.
    -Attention, port du masque obligatoire. Pour la communion, prévoir une fermeture éclair horizontale.
    -La quête sera faite selon les mêmes modalité que la communion avant le 11 mai : elle sera spirituelle. Paiement sans contact obligatoire.
    Merci de votre compréhension. Rien ne sera plus comme avant ! A bientôt !

Billet n° 38 du Jeudi 23 Avril 2020

Bien sûr, au moment où saint Jean de la Croix est enfermé par ses frères dans un minuscule réduit, il a déjà une profonde et intense vie spirituelle. Cela peut aider, évidemment, quand l’épreuve arrive.

C’est un des buts de l’éducation : donner à un enfant, à un jeune, à un adulte les moyens de traverser la vie ici-bas, avec ses inévitables épreuves, pour en ressortir toujours meilleur.

Cela ne peut se faire que grâce à un enracinement profond. Plus l’arbre doit s’élever haut, plus il a besoin de racines profondes.

Racines intellectuelles, culturelles, spirituelles. Cela ne s’acquiert pas du jour au lendemain, ni sans effort et bonne volonté !

Dans un monde qui va toujours plus vite, mais qui peut s’arrêter net, avons-nous encore le temps de nous cultiver ? De communiquer peut-être, mais de laisser s’enraciner en nous ce qui peut élargir et fortifier notre esprit … ?

Peut-être que ce temps de confinement, -on ne sait toujours pas très bien comment cela va finir !-, pourrait être l’occasion de réfléchir à ce qui nourrit vraiment les profondeurs de notre humanité. Heureux sommes-nous si nous pouvons consacrer un peu de ce temps à la contemplation des beautés naturelles, intellectuelles, artistiques, spirituelles.

Heureux sommes-nous si nous avons le temps de faire ce que nous n’avons pas le temps de faire habituellement, ou si peu, le temps de réfléchir, de lire, d’admirer, de contempler…

Il va de soi que tout ce que nous ferons en ce sens pourra s’inscrire dans nos mémoires et sera profitable à notre vie de prière.

Le temps de faire des choses gratuites. Le temps, par exemple, d’écouter vraiment de la musique. Non pas être accompagné d’un bruit de fond tout au long de la journée, quelles que soient nos activités… mais écouter pour écouter, écouter ce que nous dit la musique !

Ne rien faire d’autre que d’écouter, pas seulement avec nos oreilles et notre sensibilité, mais avec notre cœur et notre esprit. Goûter le génie de Mozart qui associe entre elles des notes qui s’aiment et celui de Beethoven qui associe entre elles des notes qui invitent à penser…  non pour opposer l’amour et la raison mais pour un enrichissement mutuel !

Billet n° 37 du Mercredi 22 Avril 2020

De la fécondité possible du confinement…

Nous savons que de grandes œuvres d’art, des chefs-d’œuvre, sont nés de la « retraite » de l’artiste, de son isolement pour pouvoir se concentrer, réfléchir, s’affranchir du bruit du monde et de son influence. Nous ne produisons pas tous de chefs-d’œuvre … mais tous, nous savons que pour réaliser une œuvre plus difficile, plus précise, plus belle, pour réussir ce que nous entreprenons, il nous faut … du calme, il faut éviter les distractions, il faut de la concentration. C’est le cas du chef d’œuvre –invisible-, de la prière !

Il y a un cas célèbre dans l’Église où un être confiné a pu produire une œuvre impossible sans doute dans n’importe quelle autre situation, surtout plus confortable.

Il avait déjà tout l’air d’un saint, il faisait l’admiration d’une des femmes les plus géniales et les plus influentes de son temps, et cependant, il fut enfermé par ses propres frères dans un cachot, un minuscule réduit, quasiment sans air ni lumière. Et ceci pendant plus de 8 mois. Aucune visite, aucun objet à sa disposition, aucun confort. Il ne pouvait ni se laver, ni se changer. Seul, incroyablement seul mais … avec Dieu !

Et c’est de là, dans ce cœur à cœur avec Dieu, dans cette solitude avec l’Unique, que vont jaillir quelques-uns des plus beaux chants de la littérature chrétienne et spirituelle mais aussi tout simplement de la poésie espagnole.

Privé de tout, il n’avait que Dieu. Réduit à rien, il avait accès au Tout.

Son nom ?

Jean de la Croix.

Il fut le réformateur, avec sainte Thérèse d’Avila, de l’ordre du Carmel au 16ème siècle.

Que ce temps de confinement puisse être aussi un temps de contemplation et porter de bons fruits.

Billet n° 36 du Mardi 21 Avril 2020

Il y a bien sûr la grâce de la foi. Il y a aussi la grâce de la science … Et si, au sens strict du terme, on ne peut pas perdre la foi, puisqu’elle est un don de Dieu et que Dieu ne reprend jamais ce qu’Il a donné, on peut perdre la grâce de la foi, on peut perdre la ferveur ou l’intelligence de la foi, on peut perdre le « mode d’emploi » de la foi, ou la clé qui permet d’y avoir accès.

Tel ce millionnaire qui ne peut disposer de sa fortune parce qu’il l’ignore ou bien parce qu’il a perdu la clé du coffre ! Il peut mourir de faim !

Eh bien, les temps que nous vivons nous montrent qu’on peut aussi perdre la grâce de la science !

Oh ! je sais bien que la science est ce que les incrédules -ils se nomment souvent « scientifiques » ou « cartésiens »- invoquent pour s’opposer à Dieu ou à l’Église ou pour excuser peut-être leur paresse ou justifier leurs comportements !

Perdre la grâce de la science ? N’est-ce pas ce qui se passe avec ces prises de positions, -scientifiques ? idéologiques ?-,  qui s’opposent les unes aux autres au point que personne ne semble plus rien y comprendre … Elle est belle la science ! Qui a raison ? Qui a tort ? Si la science pouvait parler !

Ce n’est pas la science qui a réponse à tout ! La vie ne se mesure pas à ce qui se mesure : matière, poids, quantités, etc.

Même la science requiert la Sagesse, requiert l’humilité, requiert la patience, requiert la persévérance dans le travail…

Un peu comme … la foi !

Si deux scientifiques s’opposent, soit l’un a raison et l’autre a tort, soit les deux ont tort, soit les deux ont raison mais n’abordent pas le problème sous le même angle.

Ainsi entre le croyant et l’incroyant. Soit l’un a raison et l’autre a tort, soit les deux ont tort, soit les deux ont raison mais ne se situent pas sur le même plan.

Seule la Sagesse nous éclaire : la Foi et la science ne peuvent pas s’opposer, pas plus qu’il n’y a d’opposition entre Dieu et la création de Dieu. Dieu ne s’est pas contredit dans son œuvre !

Mais son œuvre lui ressemble : elle ne livre pas ses secrets tout d’un coup à tout le monde !

Billet n° 35 du Lundi 20 Avril 2020

L’Octave de Pâques, les huit jours qui suivent la Solennité de Pâques et qui nous font fêter Pâques pendant huit jours, sont terminés.

Après l’élan de la Semaine Sainte où chacun selon son tempérament, sa foi, ses moyens, ses conditions de confinement a essayé de célébrer le mieux possible les Mystères du Christ offert pour le salut du monde, notre enthousiasme risque de se refroidir …

Dans la liturgie réelle aussi, ce n’est pas la Semaine Sainte toutes les semaines de l’année ! La liturgie est vivante, elle a des cycles, elle a des moments intenses et des périodes plus calmes, elle chante fort ou se recueille dans le silence, exulte de joie ou invite à la pénitence. Elle est une respiration cultuelle, spirituelle. Comme un repas qui revient tous les jours, le menu n’est jamais le même … et l’appétit varie.

Il est normal qu’après une Semaine si intense, nous ressentions un relâchement de nos vies « liturgiques », même vécues à la maison. Mais tout ne doit pas s’arrêter brutalement !

Notre Foi, notre Espérance, notre Charité ne peuvent pas, ne doivent pas se relâcher ! Notre vie de prière, même si nous passons moins de temps devant des célébrations retransmises, ne doit pas s’étioler mais toujours s’approfondir et s’intensifier. Elle doit même « compenser » l’absence des sacrements et des célébrations communautaires.

Ainsi devons-nous garder un certain rythme, maintenir certaines habitudes et progresser dans tel ou tel domaine…

Ce n’est pas pour rien que l’Église nous offre 40 jours pour nous préparer à Pâques et qu’Elle nous en offre 50 pour nous préparer à la Pentecôte ! Ne perdons pas de temps ! Prochain objectif : l’Esprit Saint !

Billet n° 34 du Dimanche de la Divine Miséricorde 19 Avril 2020

Où se trouve la Divine Miséricorde dans cette pandémie ? Comment, dans sa Divine Miséricorde, le Seigneur peut-il laisser faire ?

Question légitime pour les êtres inanimés, les végétaux et les animaux qui ne se la posent évidemment pas !

Mais pour nous, créatures spirituelles, libres, nous savons que Dieu ne nous manipule pas, que nous ne sommes pas des marionnettes entre ses mains, qu’il n’intervient pas constamment dans sa création pour en changer les règles. Nous ne sommes pas que victimes, nous sommes aussi personnellement et collectivement responsables.

Jésus a guéri beaucoup de malades mais pas tous. Jésus qui affirme « Je suis la résurrection et la vie » n’empêche pas Lazare, son ami, de mourir non seulement une fois mais deux !

Oui, Jésus, vrai Dieu, a la puissance de Dieu. Il peut faire des miracles aujourd’hui encore. Non pas à la manière d’un magicien, pour épater la galerie, pour avoir du succès.

Dieu est Père et admirable pédagogue. Il éduque chacun d’entre nous, -même si nous pouvons nous soustraire à son influence, à sa grâce-, individuellement mais aussi « collectivement », c’est-à-dire les uns avec les autres, les uns par les autres.

Il ne veut jamais nous déresponsabiliser … bien au contraire, et c’est sans doute ce qui peut retenir certains de se livrer entièrement à l’Amour.

La Miséricorde dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » Jn 5, 14.

Jésus nous a prévenus, la Vierge de Miséricorde dans de nombreuses apparitions reconnues comme à Fatima, nous a mis en garde. Qu’est-ce que cela change ?

Peut-être que cette pandémie mondiale et ce virus international peuvent inviter ce monde sans Dieu, foi, ni loi à se poser à nouveau et enfin la question : « Qu’avons-nous fait de Dieu » ?

« L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers Ma miséricorde. » Sainte Faustine

Billet n° 33 du Samedi de Pâques 18 Avril 2020

En ce samedi de l’Octave de Pâques, nous n’oublions pas de nous tourner vers Marie, la Vierge Immaculée en lui demandant de nous communiquer un peu de sa douceur.

Il en faut même beaucoup dans un monde brutal.

Le mal, représenté par un serpent, est souvent écrasé sous les pieds de l’Immaculée Conception. Quantités de sculptures, de vitraux, de peintures nous le rappellent.

Le Mal existe, -même pas besoin d’un virus pour s’en souvenir, normalement-, mais le Mal n’aura pas le dernier mot. Marie nous le dit.

Le Mal existe, mais le Bien existe d’abord, et continuera d’exister quand tout le Mal aura disparu.

Le Mal physique, nous le subissons mais nous n’en sommes pas toujours responsables.

Le Mal moral, nous ne sommes jamais obligés de nous y soumettre, mais nous sommes aussi capables de l’engendrer.

« Qu’y a-t-il de plus précieux au monde? C’est de ne pas participer aux injustices. Elles sont plus fortes que nous. Elles ont existé dans le passé et continueront à exister à l’avenir. Mais ne leur permettons pas de passer à travers nous » écrivait Alexandre Soljenitsyne, victime de confinements violents et injustes.

C’est un des principes de la vie morale. Il vaut mieux subir le mal que de le commettre, il vaut mieux être torturé que de torturer, il vaut mieux perdre sa vie que de perdre son âme.

Marie, ô pia, ô dulcis, ô virgo Maria, nous le rappelle par toute sa vie. Qu’elle nous garde ardents à faire le bien, là où le Seigneur nous a mis.

Immaculée Conception, Reine du ciel, Mère de Miséricorde, intercède pour nous !

Billet n° 32 du Vendredi de Pâques 17 Avril 2020

Et maintenant, ne pas déprimer !

Le prolongement du confinement a de quoi décourager… La patience a des limites… et malgré l’admirable communication du lundi de Pâques, on n’y comprend toujours rien !

Ni de l’utilité ou non des masques, des tests, du confinement, du déconfinement confiné, « d’En Marche » jusqu’à « Restez chez vous », du « mariage pour tous » à la « distanciation sociale » et « N’embrassez personne », du « Prenez soin des personnes âgées » à « Confinez-les plus longtemps que les autres », du chômage plus ou moins partiel à « Vous devrez travailler plus » … et surtout n’appelez pas le 15, sauf si vous avez de la fièvre mais suffisamment parce que si c’est pas trop, c’est pas la peine … On pourrait continuer longtemps et certains ne s’en privent pas sur les réseaux dits sociaux.

Ce virus est un sacré coquin.

Il nous ferait facilement tourner en bourrique… ce qui peut tourner court dans un espace réduit !

Mais n’est-ce pas surtout la colère qui finira par exploser ? Elle serait au moins le signe qu’il reste un peu de vie quelque part. D’ailleurs, pour étouffer par avance cette légitime colère, on nous annonce déjà, pour le déconfinement, des actions violentes des « extrêmes »…

Ce qui évidemment est extrêmement terrorisant… : restez encore un peu chez vous … sinon, vous serez des extrémistes !

En attendant, le plus difficile -et déstabilisant- est finalement qu’on ne sait pas ce qui va nous arriver le 11 mai ! On l’a bien compris, le confinement sera terminé mais pas terminé, pour tous mais pas tous ! En bref, nous serons reconfinés… mais comment ?

Ce qui est rassurant, réconfortant, encourageant, édifiant c’est que lundi soir, parmi les médecins, infirmiers, agriculteurs, éboueurs, caissières, transporteurs, et autres travailleurs qui permettent aux millions de confinés de continuer à vivre, on n’a pas oublié de remercier les … journalistes !

Billet n° 31 du Jeudi de Pâques 16 Avril 2020

La métaphore guerrière semble avoir été quelque peu laissée de côté ! Sans doute était-elle trop … risquée ? En effet, l’histoire nous rappelle qu’en temps de guerre, les premiers qui sont envoyés à Limoges -limogés-, ce sont les chefs qui n’ont pas préparé la guerre, ou ceux qui par leurs mensonges n’arrivent pas à cacher leur incapacité et accumulent les défaites.

C’est sans doute une question de simple bon sens : la première chose à faire quand les défaites s’enchaînent est de changer les chefs ! A la guerre, ce n’est pas le soldat de base qui a tort, c’est le chef qui est responsable des défaites.

Sauf qu’en politique, et plus particulièrement en France, quelqu’un qui accumule les échecs, qui parfois même est condamné par la justice, est immédiatement recyclé ! On est très conservateur pour les petits copains !

Là, ce n’est pas le chef qui a tort, c’est toujours le peuple, avec ou sans gilets jaunes. A la fin, c’est toujours lui qui paye. On va vous aider … pour que vous puissiez continuer à payer des impôts !

La majorité des personnes qui meurent du virus, le sont parce qu’elles ont déjà des antécédents ou d’autres pathologies.

Si ce virus fait tant de dégâts et provoque tant de peurs, n’est-ce pas parce que la société dans son ensemble est malade ?

Gardons l’Espérance : « Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » […] Jésus, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Mc 5, 22… 36.

Même à « la dernière extrémité », le Ressuscité peut toujours faire quelque chose.

Billet n° 30 du Mercredi de Pâques 15 Avril 2020

Grandes grâces cette année, grâce à la belle imagination des chrétiens ! En effet, contraints de célébrer Pâques à domicile, ils ont rivalisé d’inventivité dans la célébration des liturgies familiales !

Merci à celles et ceux qui ont partagé spontanément leurs expériences !

Il y a ceux qui ont tout regardé à la télévision, -certains n’ont jamais assisté aussi souvent à la « messe » que depuis qu’ils restent chez eux !- et puis ceux qui ont fait, par exemple, un véritable Chemin de Croix dans leur jardin ; ceux qui ont fait de petits oratoires à leur domicile, ou rendu encore plus beaux ceux qui existaient déjà ; ceux qui ont vécu une vraie Veillée Pascale avec un feu -et couvercle pour le couvre-feu ?-, bougies pour la lumière, lectures de la Parole de Dieu, chants, profession de foi ; ceux qui, pour le Jeudi Saint, ont organisé une nuit de prière où les membres de la famille se sont succédé d’heure en heure pour tenir compagnie à Jésus de 21 h 30 à 9 h 30 ; …  que de sainte imagination !

Merci ! Merci !

Et il y a aussi ceux qui n’auront rien fait ! Nous ne pouvons pas les oublier dans notre prière.

Imagination encore ? Et si ce confinement n’était peut-être qu’un petit galop d’essai ? Juste pour tester à grande échelle le degré de docilité ou de soumission du peuple ou de certaines catégories du peuple ?

Ou alors pour nous préparer à des temps plus durs encore où les chrétiens seront interdits de célébrer leur foi en public ? Cela existe déjà, nous le savons, dans de nombreux pays.

Ne l’oublions pas, n’oublions pas nos frères qui ne sont pas seulement doucement confinés mais réellement persécutés.

L’Espérance ne peut être confinée mais elle doit demeurer réaliste et lucide.

Billet n° 29 du Mardi de Pâques 14 Avril 2020

Après le travail confiné, les vacances confinées ; après le Carême confiné, nous voici au Temps Pascal confiné. Finalement, on nous propose le confinement durable ! Le déconfinement n’est finalement qu’une succession de confinements  … pour l’instant !

Nous sommes passés du temps du Carême au Temps Pascal au cours d’une Fête de Pâques à domicile et, entre le Carême et le Temps Pascal, nous avons l’impression que rien ne change … et de fait, le contexte est identique.

La joie de Pâques elle-même semble confinée…

Le confinement ayant commencé avec presque trois semaines de retard sur le Carême, le virus ou l’Emmanuel prolongerait-il un peu notre temps de pénitence ? Avons-nous suffisamment fait pénitence ? « Eh bien, je vous dis : si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Lc 13, 3.

Quand prendrons-nous au sérieux les avertissements qui nous sont faits dans l’Évangile, par l’Église, par les évènements ?

Tous les grands médias en cette fête de Pâques retiennent la demande du Pape François, -et ce n’est pas la seule-, de supprimer la « dette qui pèse sur les budgets des États les plus pauvres. » Très bien. De toutes façons, ils ne pourront jamais payer. La maintenir, c’est se donner le moyen de décider pour eux.

En même temps, aucun ne cite, par exemple, cet extrait de l’homélie de la Veillée Pascale : « Que cessent les avortements, qui tuent la vie innocente. ». Or, en France seulement, chaque année, 200 000 vies humaines sont jetées à la poubelle. Tant que nous ferons le tri dans nos convictions et nos engagements, le Covid et tous les pourvoyeurs de mort feront leur propre tri.

Méditons sérieusement ce qui nous est dit. Sinon, rien ne changera.

Depuis longtemps, sainte Teresa de Calcutta le dit : « Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est l’avortement ».

Et gardons toutes les paroles fortes de François, dont celles sur l’Espérance.

Billet n° 28 du Lundi de Pâques 13 Avril 2020

Au lendemain de la Résurrection, il est prévu que l’Emmanuel prenne la parole. Ce sera son heure. En même temps, son heure revient souvent !

Sur toutes les chaînes, -nos chaînes !-, la bonne parole se répandra, appuyée sur des certitudes scientifiques d’experts qui ne sont pas tous d’accord entre eux … et que les journalistes reprendront en boucles -en chaînes … c’est viral !-, pour nous expliquer ce qu’ils croient que nous n’avons pas compris. La Chlorocoquine, ses prétendants, ses opposants et tous les chlorocoquins ne vont pas interrompre si vite leur bal. Nous n’en sommes plus à un comprimé près ! C’est presque un jeu : ludique, paludique, antipaludique !

Que nous dira-t-il ? Oracles ou prophéties ?  Promesses confinées ou confinement   promis ?

Vous en reprendrez bien un petit peu ? Prêts pour un petit tour de plus ?

Heureusement, notre espérance n’est pas confinable !

« La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.

Le Maître de la vie mourut ; vivant il règne !

Le Christ, mon espérance, est ressuscité.»

(Séquence Victimæ paschali laudes)

Billet n° 27 du Dimanche de la Résurrection 12 Avril 2020

La Résurrection commence dans le tombeau, dans un lieu fermé et sans lumière. C’est au fond du tombeau que commence la Résurrection ; c’est du tombeau que sort le Christ !

Le Christ sort vainqueur de son tombeau ! Alléluia !

Et nous, nous sortirons de notre confinement ! Alléluia !

Comment sortirons-nous de notre confinement ?

Telle est la question que la résurrection du Christ nous pose !

Le Christ sort de sont tombeau transformé, ressuscité !

A défaut d’être définitivement ressuscités à la fin du confinement, -nous le sommes déjà par la grâce de notre baptême-, cette expérience changera-t-elle quelque chose à nos vies, à nos modes de vie, à nos manières de voir et d’user de notre liberté ?

Allons-nous reprendre notre vie d’avant, avec encore plus de frénésie et même en rattrapant le temps perdu ? Ou bien y-aura-t-il de vraies conversions ?

N’attendons pas la veille de la sortie du confinement pour y réfléchir !

A défaut de pouvoir faire passer des œufs en chocolat, goûtons ces quelques Alléluias !!

Bach (Cantate 51) : https://www.youtube.com/watch?v=HrpyidD3Nf0

Mozart : (Exultate Jubilate) : https://www.youtube.com/watch?v=XkjjnlrWifU

Vivaldi : https://www.youtube.com/watch?v=jekRvs_4TBk

https://www.youtube.com/watch?v=4ZETdH-ubqI

Buxtehude : https://www.youtube.com/watch?v=jOMnYNLpt7k

Hændel (Messie) : Georg Friedrich Haendel – Alléluia – extrait du Messie – Playing for Philharmonie

Billet n° 26 du Samedi Saint 11 Avril 2020

Les morts ne font pas de bruit, c’est bien connu. Un « silence de mort » nous le confirme !

En ce jour où le Christ est au tombeau, confinement ou pas, l’Église ne célèbre « rien », même pas la messe. Elle veille le Christ au tombeau. Veille pleine de tristesse et d’Espérance.

La mort laisse toujours des traces … dans le cœur des vivants, dans leur mémoire vivante.

C’est le cas de toute mort mais aussi de celle du Christ. Pour ne pas l’oublier, la messe est célébrée chaque jour -sauf le Samedi Saint-. « Nous proclamons ta mort » ! Elle est le mémorial, la mémoire de la mort du Christ. Elle nous rappelle sa mort. Mieux, elle la rend présente. « Nous rappelons ta mort ! » ; « Nous annonçons ta mort ! »

Mais la mort du Christ nous a laissé aussi un autre signe, une véritable Icône : le Saint Suaire, conservé dans la cathédrale de Turin, rarement montré mais qui le sera aujourd’hui et que nous pourrons voir, certes sur un écran (KTO), mais quelle grâce déjà pour tous ceux qui ne l’ont jamais vu « en vrai ».

Une Icône silencieuse mais qui nous parle de toutes les souffrances subies et acceptées par le Fils de Dieu. Devant tant de souffrance le silence ne s’impose-t-il pas ?

Nous confierons en ce jour tous ceux qui souffrent, quelles que soient leurs souffrances.

Nous veillerons, pleins de tristesses, -les nôtres, celles des autres-, et pleins d’Espérance, une « Espérance bienheureuse », une Espérance victorieuse.

Billet n° 25 du Vendredi Saint 10 Avril 2020

L’angoisse de la mort. Jésus l’a vécue, jusqu’à l’agonie et en son heure ultime, il aurait bien voulu s’appuyer sur une présence fraternelle et amicale. Il comptait particulièrement sur ses plus intimes amis : Pierre, Jacques et Jean et voilà qu’il les retrouve endormis ! « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ? »

Ceux qui s’approchent de la mort aujourd’hui, en hôpital ou en maison de retraite, sont privés aussi de toute présence amicale ou familiale à leurs côtés. Ils n’ont personne, si ce n’est le personnel soignant sur place, parfois confiné avec eux. Ils font tout ce qu’ils peuvent : honneur à eux ! « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Mais, malgré tout, et ils le savent bien, ils ne peuvent remplacer la famille.

Jésus qui a souffert jusqu’à l’extrême, qui a été abandonné par ses meilleurs amis, a quand même eu la consolation d’avoir sa Mère à ses cotés à l’heure de sa mort. Du haut de la Croix, de son lit de souffrance, il voyait sa Mère. Elle était là. Il pouvait compter sur sa présence, sur son amour, sur sa fidélité.

Ce que personne n’a pu faire pour Jésus, empêcher sa Mère d’être présente, le virus et ses complices en sont capables ! On a la possibilité d’aller dans l’espace et sur la lune mais on ne peut plus rendre une dernière visite à ceux qu’on aime !

Aujourd’hui, non seulement ceux qui meurent sont privés de la présence de leur famille ou de leurs amis proches, mais ceux qui voient partir un parent, un ami, un frère, une sœur, un enfant ne peuvent même plus lui dire au revoir. Ils ne peuvent pas être là.

Il y aura là des blessures bien difficiles à effacer, des souvenirs douloureux impossibles à oublier. « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Ô Marie, toi qui étais fidèle au pied la Croix, sois maintenant au chevet de ceux qui nous quittent. Représente-nous auprès d’eux. Exauce notre prière : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort », soyez avec nos frères à l’heure de leur mort.

Billet n° 24 du Jeudi Saint 09 Avril 2020

« Quand les prêtres manquent, les martyrs surabondent et l’équilibre de la grâce se trouve ainsi rétabli. »

Le martyre n’est pas une vocation universelle… Nous ne sommes pas tous appelés au martyre. Bernanos nous dit que « les martyrs surabondent », quand l’équilibre de la grâce est rompu, ce qui suppose qu’en temps équilibré, il y en a toujours un peu.

Quand les prêtres manquent… les martyrs surabondent.

Et quand les fidèles manquent ? … les martyrs surabondent aussi ! Et ce sont souvent les prêtres !

En ce Jeudi Saint, plus que les autres jours peut-être, les fidèles manqueront douloureusement aux prêtres et les prêtres manqueront encore plus aux fidèles !

« Cela me manque de ne plus voir de prêtres ».

Ce ne sont pas seulement les sacrements qui manquent, ni de retrouver toute l’assemblée, ni de pouvoir prier et chanter ensemble… manquent aussi les prêtres, la présence réelle du prêtre, signe du Christ Bon Pasteur !

Et manquent les fidèles … pour le prêtre qui célèbre pour eux.

Le prêtre ne va pas sans les fidèles et les fidèles ne vont pas sans les prêtres.

Le Jeudi Saint nous le rappelle, fête de l’Institution du Sacerdoce et de l’Eucharistie, l’un et l’autre au service de la Foi, de l’Espérance, de la Charité du Peuple de Dieu.

Le Sacrifice de l’Eucharistie et le Sacrifice du Sacerdoce. Le prêtre, consacré, « sacrifié » au service du Christ et de son Corps, de son Épouse, l’Église.

Prions pour l’Église. Prions pour les prêtres et les vocations sacerdotales. Prions les uns pour les autres. Que les prêtres ne manquent jamais à l’Église. Que les fidèles ne manquent jamais à Dieu, à l’Église et aux prêtres. Et que les martyrs ne refusent jamais de maintenir et de rétablir l’équilibre !

« Ceci est mon sang, versé pour vous ».

Billet n° 23 du 08 Avril 2020

En ce jour anniversaire des obsèques du Pape Jean Paul II, il y a 15 ans déjà, et au moment où dans l’Évangile l’étau se resserre autour du Christ qui va entrer dans sa Passion, comment ne pas avoir une pensée pour tous ceux dont les obsèques sont célébrées en ce temps de confinement ?

Il y a la tristesse de ne pas pouvoir les célébrer « normalement », en permettant à tous de se réunir une dernière fois autour du défunt…

Il y a les circonstances qui pèsent et il y a l’inévitable sobriété de la célébration, qui oblige à aller à l’essentiel, ce qui est bien utile, on peut le reconnaître aussi.

Un mort ! Un mort ? C’est toute une vie que l’on offre à Dieu, avec ses joies et ses peines, les infidélités à la grâce et la fidélité de la grâce ! Un mort ? C’est une multitude de relations qui meurent avec lui mais qui peuvent aussi être transformées ou vécues à un autre niveau, à une autre profondeur : celle de la foi. Un mort ? C’est un trésor d’humanité dont on est subitement privé.

Un mort !

Un mort ? Quelle horrible impression chaque soir, quand les autorités font le point devant les caméras et les micros. Des chiffres, vite devenus des nombres. Toujours différents, toujours plus ou moins gros. Des quantités, rien que des quantités. Des centaines de morts puis des milliers. « On » se réjouit même des morts … quand il y en a moins … ! Alors qu’un mort, c’est toujours un mort de plus ! Et ces morts ont un coût, quand ils ne représentent pas un bénéfice… horreur !

Pas de masques -c’est inutile- puis des millions, -c’est nécessaire !-. Des entrées à l’hôpital puis des sorties : des nombres, des quantités, des statistiques, des prévisions, des pourcentages, des variations… Sans parler des millions et des milliards de l’économie… Tout un argent qui n’existait pas hier et qui permet de faire des promesses aujourd’hui !

Une humanité réduite à des nombres …

La vie et la mort en chiffres. Tout se pèse, tout se compte, tout se mesure … tout se paye !

Ce n’est pas nouveau ! Même Jésus a été vendu pour 30 pièces d’argent, … immédiatement réinvesties !

Billet n° 22 du 07 Avril 2020

Dans le récit que les Évangélistes Matthieu et Marc font de la Passion du Christ, ils n’oublient pas de signaler son angoisse (Mt 26, 37 ; Mc 14, 33).

La période que nous vivons est anxiogène pour beaucoup. Comme toujours, l’angoisse ne se maîtrise pas, ne se domine pas. Elle est sournoise, insaisissable. C’est autre chose qu’une simple peur, une sorte de virus psychologique.

Il ne s’agit pas de l’angoisse ressentie, ici ou là, de savoir qu’à la fin du confinement, tout le monde connaîtra la couleur naturelle de nos cheveux !

L’angoisse touche au mystère même de la vie. Elle se fait d’autant plus oppressante que le confinement empêche bien des rencontres, des échanges où par la parole une partie au moins de l’angoisse peut être évacuée.

Chez saint Luc, cette angoisse commence bien avant l’heure de la Passion (Lc 12, 40). Mais quand vient l’heure de la Passion, il signale que « Jésus priait avec plus d’insistance » (Lc 22, 44).

Au cours de cette Semaine Sainte, prions avec plus d’insistance pour les victimes de la pandémie mais aussi pour tous ceux qui subissent l’angoisse. Qu’eux-mêmes se confient au Seigneur, afin qu’Il apaise les tempêtes intérieures et qu’Il accorde sa Paix.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. » Mt 11, 28-29

Dans notre diocèse a lieu habituellement le Mardi Saint la Messe Chrismale où sont bénies l’huile pour les catéchumènes et l’huile pour le Sacrement des malades ; le Saint Chrême y est aussi consacré.

Prions pour les catéchumènes dont le baptême prévu à Pâques sera célébré plus tard.

Prions pour les malades qu’ils puissent recevoir la grâce du Sacrement des malades.

Prions pour les futurs baptisés, les futurs confirmés, les futurs prêtres…

Le Seigneur est fidèle, il accomplira toutes ses promesses.

Elle est ma consolation dans mon épreuve : ta promesse me fait vivre. (Ps 118, 50)

De tout mon cœur, je quête ton regard : pitié pour moi selon tes promesses. (Ps 118, 58)

Que j’aie pour consolation ton amour selon tes promesses à ton serviteur ! (Ps 118, 76)

Que ta promesse me soutienne, et je vivrai : ne déçois pas mon attente. (Ps 118, 116)

Billet n° 21 du 06 Avril 2020

Lundi Saint 2019. Le monde entier, assiste à l’incendie de Notre-Dame de Paris.

Lundi Saint 2020. Il n’y aura pas que Notre-Dame de Paris à être « déserte ». Les prêtres célèbreront seuls ou quasiment, très souvent accompagnés d’un smartphone ou d’une caméra plus sophistiquée pour être en direct sur les réseaux sociaux qui depuis longtemps ont intégré la « distanciation sociale » !!! Le lointain virtuellement proche et le proche réellement lointain !… Être vu de tous, sans voir personne …

La religion de l’Incarnation bientôt remplacée par celle des célébrations virtuelles ?

En tout cas, cette année, avec moins de rameaux nous sommes invités à un peu plus de Passion !

Et toute cette semaine, nous nous redirons, chaque fois que nous déplorerons un « moins », que le Seigneur nous réserve un « plus » quelque part !

Dans les Dialogues des Carmélites, dialogues géniaux de Georges Bernanos, Sœur Alice demande :

« A quoi pourrons-nous bien servir le jour où faute de prêtres notre peuple sera privé des sacrements ? ».

Et la Prieure de répondre : « Quand les prêtres manquent, les martyrs surabondent et l’équilibre de la grâce se trouve ainsi rétabli. »

L’équilibre de la grâce … !

Nous sommes privés de la grâce des sacrements. Mais Dieu n’est pas privé de grâces et de générosité et sait très bien comment nous combler sans passer par les Sacrements, à condition que nous les désirions et que nous les célébrions dès que possible.

La sortie du confinement sera-t-elle suivie d’une ruée vers l’or des sacrements ?

En tout cas faudra-t-il retrouver l’équilibre habituel de la grâce, dont les sacrements sont les grands moyens.

Billet n° 20 du 05 Avril 2020

Ce virus est un stratège de politique réaliste. Il nous rappelle quelques vérités essentielles.

Ainsi, met-il en évidence la supercherie qui nous fait considérer le monde comme un « village global ». Qui nous fait croire que la mondialisation est la fine fleur du progrès.

La mondialisation n’est pas humaine. Elle est peut-être technique mais pas humaine, voire inhumaine. Aucun d’entre nous n’est à l’échelle du monde ! Se rêver à l’échelle du monde, c’est finir dans le confinement le plus réduit qui soit !

Certes l’esprit humain tend à l‘universel ! Mais cet esprit est un esprit incarné, localisé dans le temps et l’espace. Certes, le Christ est venu sauver le monde mais il le fait sans n’avoir jamais quitté son petit pays qu’il parcourait à pieds !

Et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus est devenue la Patronne des Missions en vivant quelques années entre les quatre murs d’un Carmel !

Si l’être humain n’accepte pas sa condition d’être créé, donc limité, il s’enferme dans une illusion.

Symptomatique, la discussion déclenchée par ce virus autour des frontières ! Un monde sans frontières est un monde rêvé, un monde qui n’existe pas, et donc dans lequel on ne peut pas vivre, ni vivre heureux ! « Nous ne sommes pas des créatures de rêves, mais de réalité », disait Claudel.

Les frontières sont comme les portes. La question n’est pas de savoir si elles sont utiles et nécessaires ! Il s’agit de savoir où les placer et comment les utiliser !

Des frontières, il en faut et leur objectif n’est pas d’être étanches mais de réguler le passage dans les deux sens. C’est comme une porte. La fonction d’une porte n’est pas d’être toujours fermée, -autant avoir un mur-, ni d’être toujours ouverte, -autant laisser un trou béant-, c’est de s’ouvrir et de se fermer à bon escient ! Porte d’une chambre, d’une maison, porte d’une église et même porte du Ciel !

Notre corps lui-même n’est-il pas une frontière entre notre âme et le monde, permettant de laisser le bien du monde entrer en nous et nous permettant d’enrichir le monde de ce que nous pouvons lui donner ?

Qui veut faire l’ange fait la bête.

Qui veut un monde sans frontière se prend pour un ange. C’est si bête ! …

Billet n° 19 du 04 Avril 2020

Ce virus est cruel.

Mais il a de la concurrence.

En effet, « l’intelligence est plus cruelle que la nature » écrivait Bernanos dans Nos amis les saints.

Si « l’adéquation de l’intelligence à la réalité » pose un réel problème à nos contemporains (voir C&C 18) et sans doute à chacun de nous, la logique évidemment en fait les frais !

La logique, si précieuse, que l‘on enseignait autrefois, que l’on enseigne encore un peu ici ou là fort heureusement, a quelque chose à voir avec le Christ, le Verbe, le Logos… qui ne se contredit jamais !

Or la logique est martyrisée aussi en ces temps de confinement.

Notre premier serviteur, -on appelle cela un ministre-, vient d’évoquer pour la première fois la sortie du confinement. Heureuse perspective doublée d’une inquiétude lancinante : est-il si facile de sortir du confinement de raisonnements idéologiques ?

Ce n’est pas si sûr.

Il nous sera plus facile de sortir de notre confinement physique que de faire sortir de leur  confinement idéologique ceux dont les raisonnements défient la logique la plus élémentaire !

Ainsi, pour répondre à la question d’une sénatrice de l’Oise, qui porte un joli nom d’oiseau chanteur, le CoronaVerran a osé dire cette semaine : « Il y a une réduction inquiétante du recours à l’IVG » !

L’augmentation du nombre de morts par Covid l’inquiète-t-il autant ?

Vous me direz qu’on peut avoir plusieurs inquiétudes en même temps ! C’est vrai. Cela n’empêche pas que ces deux inquiétudes sont profondément contradictoires. Où est la logique ?

Respecter les quotas d’IVG, avoir les meilleurs chiffres possibles, supprimer le plus de vies possibles dès le départ et, en même temps, tout faire pour qu’à l’arrivée le nombre officiel de morts du Covid soit le plus faible possible … où est la logique?

Oui, dans un monde dominé par la technique, elle-même servie par l’argent, la vie n’a plus de valeur si ce n’est celle que ceux qui ont le pouvoir veulent bien lui donner arbitrairement.

Logiquement, ils auraient tout intérêt à la coter en bourse. La logique de l’illogique est mortelle.  Si un bon principe bien appliqué peut donner de bons résultats, un mauvais principe surtout bien appliqué ne donnera jamais que de mauvais résultats. Logique.

Billet n° 18 du 03 Avril 2020

Dans la Passion selon saint Jean, que nous aurons à cœur de lire vendredi prochain, il y a un dialogue entre Jésus et Pilate, dont voici un extrait :

 » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.» » Jn 18, 37-38

Pilate ne trouve en lui, le Christ, ou en elle, la Vérité, aucun motif de condamnation. Et cependant, après avoir fait fouetter la Vérité, donc le Christ, il la livrera pour qu’elle soit condamnée.

Il est bon que Covid-19 nous ait réappris à nous laver les mains !

Mais que cela ne soit pas dans l’attitude de Pilate, celle de ceux qui ne veulent pas assumer leurs responsabilités !

Ce virus semble bien être révélateur. Il révèle la place du mensonge dans notre société. Sans entrer dans les accusations concernant la préparation ou l’impréparation dans la lutte contre la pandémie, -qu’a-t-on fait du « principe de précaution ? »-, il manifeste le décalage qu’il y a entre la réalité et l’idée ou les idées que les hommes s’en font. Ceux qui ont du pouvoir veulent souvent façonner un monde à leur idée. Mais sur quoi repose cette idée ou leurs idées ?

La vérité, dit saint Thomas d’Aquin, c’est « l’adéquation de l’intelligence à la réalité ». En dehors de cette adéquation, on est dans l’idée, dans l’idéologie !

Peut-être est-ce ce que nous sommes en train de payer au prix de nombreux morts.

Quand un ex-ministre de la santé affirme qu’une grand-mère peut très bien être le père d’un enfant ; quand un président de la République dit que ceux qui pensent qu’il faut être de sexe masculin pour être père ont un problème, n’est-on pas au cœur même d’idées fausses qui éloignent radicalement de la réalité ? Quand on est à ce point déconnecté de la réalité, comment les mêmes peuvent-ils ne pas confondre une simple grippe avec une pandémie, et affirmer devant des millions de téléspectateurs qu’un virus n’a pas de passeport ?!

Quelle que soit l’œuvre de la justice des hommes, un jour, c’est devant la Vérité que tous nous serons jugés. Il sera trop tard pour se laver les mains.

Billet n° 17 du 02 Avril 2020

Le sens des Rameaux

Chaque année, le dimanche des Rameaux est un de ceux qui  rassemblent le plus de monde. Cette année, les circonstances font qu’il ne rassemblera … personne !

Même si, bien sûr, il nous est toujours possible d’être en communion les uns avec les autres.

La foi n’a pas de limites géographiques et se moque de la « distanciation sociale » ! Tous ceux qui ont la foi se savent unis entre eux par la Puissance de l’Esprit Saint.

« Et nos rameaux alors » ? « Ils ne seront pas bénis » ?

Mais comment faire, puisqu’il est interdit de se rassembler et de se déplacer si ce n’est pour des raisons dites essentielles comme le pipi du chien ?

Serons-nous privés toute une année de ces rameaux que nous aimons mettre dans nos maisons, dans nos « Églises domestiques » après les avoir fait bénir ?

Mais quelle importance donnons-nous au Dimanche des Rameaux et… de la Passion du Seigneur ?

Les Rameaux ont-ils plus d’importance que la Passion ?

Loin de négliger, pire de mépriser, les rameaux bénis que nous conservons chez nous, en période troublée, difficile, douloureuse pour beaucoup, dangereuse pour ceux qui prennent des risques, endeuillée pour un très grand nombre, allons à l’essentiel ! Ce ne sont pas des rameaux d’olivier ou de laurier qui peuvent nous sauver mais bien la Passion du Seigneur à laquelle nous pouvons nous unir, communier. Ces rameaux, quand nous les avons, nous renvoient à la Passion du Christ. Cette année, c’est leur absence qui va nous rappeler cette même Passion, que nous verrons nécessairement avec un œil nouveau, vu les circonstances de cette Semaine Sainte. Les rameaux peuvent nous manquer, certes mais pas autant que la Messe ou la Confession !

Serons-nous totalement privés de rameaux ? Pas nécessairement ! Pourquoi ne pas imaginer une petite « liturgie familiale » où la famille se rassemblerait autour des rameaux, lirait le premier Évangile de la Messe des Rameaux et de la Passion, prierait un Notre Père et où l’un de ses membres lirait une prière de bénédiction pour nos rameaux ?

Celle-ci par exemple :

Augmente la foi de ceux qui espèrent en toi, Seigneur, exauce la prière de ceux qui te supplient : nous tenons à la main ces rameaux pour acclamer le triomphe du Christ.

Pour que nous portions en lui des fruits qui te rendent gloire, donne-nous de vivre comme lui en faisant le bien. Lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.

Ou bien en suivant la Messe des Rameaux à la télévision, non pas comme spectateurs mais vraiment en y participant spirituellement ?

         Quand on ne peut pas tout faire, on fait au moins tout ce qu’on peut en essayant d’être aussi habiles, voir plus, que les fils de ce monde ! (Lc 16, 8). Après tout, pour avoir des rameaux bénis, il suffit d’avoir des rameaux quand on croise un prêtre !

Billet n° 16 du 01 Avril 2020

« Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. »

Tout le monde aura reconnu ce texte de sainte Thérèse d’Avila, cité hier: il est juste de rendre à la Réformatrice du Carmel ce qui lui appartient, même si elle nous l’a donné !

Le Carmel, parlons-en ! En effet, les carmélites, comme toutes les communautés religieuses contemplatives, ne sont-elles par des spécialistes du confinement, à tel point que ce confinement ne change quasiment rien à leur vie ?

Toute une vie dans un même lieu, somme toute assez réduit, même s’il est toujours ouvert sur le Ciel, avec les mêmes personnes et le même programme chaque jour, aux mêmes horaires, comment est-ce tenable ?

C’est ce qui interroge toujours les enfants quand, à Ars, ils vont au Carmel et rencontrent une carmélite. Ainsi, l’un d’eux cette année : « J’ai pas aimé quand on est allé voir la sœur derrière la grille. Cela m’a fait de la peine de la voir comme ça ! Pourtant elle n’avait pas l’air triste ! »

Ils pensent facilement que les carmélites sont « emprisonnées ». La grille y est sans doute pour beaucoup dans cette impression. Mais ils arrivent parfois à comprendre que la Carmélite les voit aussi derrière une grille (la même !) et que ce sont eux qui peuvent être « emprisonnés » dans le monde. La prison est plus grande, on n’y est pas plus libres !

Les carmélites, en cette période de confinement, doivent se sentir moins seules, moins incomprises ! Nous sommes tous confinés, et dans des lieux moins bien prévus pour cela, et avec des personnes moins entraînées qu’elles pour cette vie !

La vie au Carmel, qui est faite de nombreux aspects, ne pourrait être possible sans une règle. C’est la règle, observée par toutes, qui permet à cette vie confinée de ne pas être une vie étouffée, bien au contraire. Ainsi, en cette période de confinement, avons-nous tous besoin d’une règle, d’un programme défini à l’avance. Elle s’est structurée plus ou moins naturellement, -réflexe de survie !-, dès le début du confinement mais il est bon parfois de la revoir, de l’améliorer pour que chacun trouve sa place -pas seulement devant l’ordinateur !- et puisse vivre cette période le plus harmonieusement possible.

C’est d’ailleurs vrai pour toute vie : une règle permet de mieux régler sa marche.

Peut-être pouvons-nous prier pour que cette expérience de vie en clôture fasse naître des vocations contemplatives ?

Et si Dieu venait à faire une pêche abondante de vocations?… Ne crions pas trop vite au poisson d’avril !

Billet n° 15 du 31 Mars 2020

Nous entendons beaucoup ces jours-ci les uns et les autres avouer : « La communion me manque », ou « La messe me manque » ou plus rare mais très beau aussi : « Cela me manque de ne pas me retrouver avec les autres pour prier ». Et certains se posent déjà la question : « Comment faire pour les rameaux ? On n’en aura pas ? Ils ne seront pas bénis ? »

Une autre question pourrait surgir dans les jours qui viennent, -et ceux qui lisent ces billets ne pourront pas ne pas se la poser !-, : « La confession me manque-t-elle ? ».

Nous pouvons faire ainsi la liste de tout ce qui nous manque, non seulement d’un point de vue humain dans la vie courante mais aussi dans notre vie chrétienne et spirituelle, personnelle et ecclésiale.

C’est bien. C’est fait. Il est bon d’être lucides.

Et après ?

Que rien ne te trouble,

Que rien ne t’épouvante,

Tout passe.

Dieu ne change pas.

La patience obtient tout.

Celui qui possède Dieu

Ne manque de rien :

Dieu seul suffit.

« Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. »

On pourrait tout nous reprendre, notre liberté et notre vie, jamais personne ne pourra arracher Dieu de nos cœurs.

Dieu ne nous manque jamais ! Nous pouvons lui manquer, nous, -entendons-nous sa plainte ?- mais Lui ne nous manquera jamais.

Jamais sa grâce ne manquera à ceux qui se disposent à l’accueillir. Et si nous sommes, nous, pauvres humains, liés aux sacrements institués par le Christ, Lui, le Christ qui a institué les sacrements, peut aussi se passer d’eux pour venir nous convertir, nous toucher par sa grâce, nous combler de grâce jusqu’à la sainteté. Respecter les Sacrements, c’est respecter Dieu. Respecter Dieu, c’est vivre des sacrements, même quand nous ne pouvons pas les recevoir.

Les sacrements peuvent nous manquer, Dieu ne nous manque pas. Même au sens où il ne nous rate pas !

Et nous ? Ne Lui manquons pas, ne Lui manquons plus. A coup sûr, nous raterions quelque chose !

Billet n° 14 du 30 Mars 2020

Comment ne pas garder en mémoire l’image forte et tragique de vendredi soir ? Comment ne pas être impressionné, jusqu’au vertige, en voyant le Pape François, seul, à la nuit tombante, à la pluie tombante, à la souffrance évidente prêchant, priant, méditant, bénissant avec le Saint Sacrement ?

La place Saint Pierre semblait vide mais elle était pleine de la souffrance d’une humanité accablée.

Il y a bien des manières d’interpréter le sens de cette solitude, de cet isolement. Mais n’est-ce pas le propre de celui qui souffre, de celui qui prie d’être toujours seul devant Dieu ? Personne ne peut souffrir à sa place, personne ne peut prier à sa place. Et même entouré d’une foule immense, chacun reste toujours seul, ne serait-ce que parce qu’il est absolument unique.

La foi nous met en communion avec tous ceux qui la partagent et avec le monde entier. Elle est aussi un acte éminemment personnel, que personne d’autre ne peut poser à notre place.

En priant avec le Pape, vendredi soir, -toujours cette image…-, la question posée par le Christ revient : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8).

Mais, en voyant le Pape seul, debout dans la tempête, la question semble pouvoir être retournée : le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il autre chose que la foi agissant par la charité sur la terre ?

Jésus ne l’a-t-il pas dit ? « Moi, je suis vainqueur du monde » ? (Jn 16, 33). Et encore : « La victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jn 5, 4-5).

Même si cette victoire passe par beaucoup de souffrance, par l’eau, le sang et l’Esprit Saint (Cf. 1 Jn5, 6 ss), elle est déjà acquise. La foi est vainqueur du monde. On peut nous reprendre notre vie, personne ne peut nous prendre notre foi.

Ce temps d’épreuve peut aider à la purification de notre foi, à intensifier notre foi, à la rendre plus agissante et si, à la sortie de ce Carême-confiné, notre foi n’a pas progressé, nous aurons bien perdu notre temps !

L’expérience de Dieu peut se faire en toutes circonstances, les plus heureuses comme les plus douloureuses.

Pour ceux qui ont la foi, chaque événement est l’occasion d’un progrès spirituel.

Pour ceux qui n’ont pas la foi, pour ceux qui cherchent la vérité, -parfois sans le savoir-, l’épreuve peut être l’occasion d’une ouverture plus grande à la Vérité.

Et si à la fin il n’en reste qu’un, ce sera le Christ vainqueur de la mort et de tout mal et, avec Lui, tous ceux qu’Il emportera dans son triomphe !

Billet n° 13 du 29 Mars 2020

5ème dimanche de Carême et 2ème dimanche de confinement… Le Carême est en avance sur le Confinement, comme l’Église est en avance sur le monde. Le monde ne s’en aperçoit pas parce qu’il ne marche pas toujours dans la bonne direction… alors il croit être le premier !

Ainsi, dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus semble arriver en retard -un retard prémédité, voulu sciemment-, alors qu’il est toujours le premier : c’est lui qu’il faut suivre, il ne sert à rien de vouloir le précéder, à moins de vouloir s’entendre dire : « Passe derrière moi Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes ». Rude à entendre pour quelqu’un qui voulait bien faire !

Les derniers seront les premiers. Jésus arrive en dernier et il est immédiatement à la première place dans l’Évangile ! Marthe et Marie lui reprochent son retard. Mais pour Celui qui est la Résurrection et la vie, le temps ne s’oppose pas à l’éternité ! Bien au contraire, il devrait la servir ! Le temps passe, l’éternité reste !

Ce qui faisait dire à Sainte Jeanne de Chantal : « C’est une grande perte pour l’éternité que la perte de temps »

Jésus va faire sortir Lazare de son tombeau -ce n’est pas facile d’être ami de Jésus, Lazare devra mourir une deuxième fois !-, et manifester ainsi qu’Il est la source de la vie éternelle.

Une des grandes épreuves de ce temps-ci, c’est d’être obligés, -les familles, les prêtres-, de laisser mourir ceux que nous aimons dans une solitude radicale. Ni la présence affectueuse des familles, ni l’aide spirituelle de l’Église ne leur sont accordées.

La raison première n’est pas le risque de contamination, même si c’est elle qui est avancée. La raison est que ni les familles ni les prêtres n’ont à leur disposition les équipements qui leur permettraient d’intervenir en toute sécurité.

C’est, comme l’a dit Monseigneur Aupetit, « un pas de plus vers l’inhumanité ».

Et ça, ce n’est pas la faute d’un virus.

Billet n° 12 du 28 Mars 2020

Toutes les ressources spirituelles de l’Église sont mobilisées en ces temps d’épreuves. Dans beaucoup de lieux, des bénédictions avec le Saint Sacrement ont eu lieu et c’est ce que nous avons pu voir hier, en direct de Rome, avec le Pape François. Image puissante d’un homme seul avec Dieu, qui prie pour le monde et sur le monde. La prière ne connaît pas de frontière et la puissance de Dieu est sans limites.

Beaucoup parmi nous ont déjà témoigné de la grâce réconfortante qu’avait été pour eux la bénédiction du Saint Sacrement de dimanche dernier, dans notre Ensemble paroissial.

Parmi les grâces qui nous sont proposées, depuis l’Évangile, il y a le recours à la Vierge Marie. Elle est particulièrement présente chez nous. Chaque église possède une, mais plus souvent deux statues de la Vierge Marie, la deuxième étant souvent Notre-Dame de Lourdes. Trois églises lui sont dédiées : Notre-Dame de l’Assomption aux Angles, la Collégiale Notre-Dame de Villeneuve, et bien sûr Notre-Dame de Grâce à Rochefort du Gard. Mais elle est aussi très présente et priée à la chapelle des Pénitents de Villeneuve, -Notre Dame de Bonne Délivrance-, ou encore à la chapelle de l’Hospice : statue, tableaux, sculptures sur bois et, dans la sacristie, une reproduction de l’Icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours. Nous n’oublions pas la Vierge en ivoire au Musée, ni le célèbre tableau de son Couronnement. Bien d’autres tableaux et Ex voto rappellent la piété continuelle au cours des siècles à son égard et particulièrement dans les moments d’épreuves.

Dans nos maisons aussi, sans qu’elle se sente confinée, la Vierge Marie est souvent représentée : Icône, statues, œuvres d’art… Nous aimons penser à elle, nous aimons la prier, spécialement avec les enfants, allumer une bougie près d’elle.

C’est vers elle que nous sommes invités à nous tourner en ce samedi, jour qui lui est habituellement consacré.

Nous pouvons lui redire notre confiance, notre Espérance, pour nous-mêmes et pour les autres ! Nous sommes pressés, par ceux qui sont « sur le front », de prier pour ceux qui soignent les malades et pour tous ceux qui résident dans les Ehpad. Le confinement est particulièrement strict et difficile à vivre. Tout est fait, avec les précautions nécessaires, pour que le virus n’y entre pas. Jusqu’à ce jour, ils ont été épargnés dans notre Ensemble paroissial.

Rendons grâce mais prions pour que cela dure et adressons-nous avec confiance à Marie.

Samedi, à midi, notre Ensemble paroissial sera confié à la protection Maternelle de Marie. Son curé sera pour sa part à la chapelle des Pénitents devant Notre-Dame de Bonne Délivrance. Nous nous consacrerons à Marie ; chacun la priera pour tous en ayant devant les yeux une de ses images. Ensemble, à midi, nous pourrons prier en nous inspirant de l’acte de Consécration de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.

Je vous choisis aujourd’hui, O Marie, en présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et ma Reine. Je vous consacre en toute soumission et amour, notre Ensemble paroissial, chacun de ses habitants et spécialement tous ceux qui vivent ou travaillent dans les Ehpad, vous laissant un entier et plein droit de disposer de nous et de tout ce qui nous appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, pour la plus grande gloire de Dieu dans le temps et l’éternité.

Nous pourrons aussi terminer avec la prière attribuée à Saint Bernard :

Souvenez-vous,  ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance, réclamé votre secours, ait été abandonné. Animé d’une pareille confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je cours vers vous et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. O Mère du Verbe Incarné, ne méprisez pas mes prières, mais accueillez-les favorablement et daignez les exaucer.

Ayons la même foi que les saints et certains poètes :

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.
Midi !
Etre avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu’on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,

La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme,
L’Éden de l’ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,

Parce que vous m’avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France,
Parce qu’elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,
Parce qu’à l’heure où tout craquait, c’est alors que vous êtes intervenue,
Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,

Parce qu’il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

Paul Claudel (1868 † 1955), de l’Académie française.
« La Vierge à midi », Poèmes de Guerre, N.R.F., 1914-1915.

Billet n° 11 du 27 Mars 2020

Bien qu’ayant reçu un label vert (le 24 mars !), ce virus vert et vertueux et aussi vert tueur.

Pensons aux innombrables victimes, depuis la Chine jusqu’en Italie, en Espagne et chez nous et dans presque tous les pays du monde. Portons-les dans nos prières, ainsi que leurs familles. A la douleur du décès s’ajoute bien souvent la peine de ne pouvoir célébrer correctement les funérailles.

Mais revenons à ce virus vert tueur ou tueur (du) vert ! En effet, ce virus pourrait bien aussi être tueur de l’écologie « naïve » qui ne voit dans la nature, dans la création que du bien, au point de l’adorer d’un culte qui, évidemment, ne peut être qu’idolâtrique.

Oui, la nature est belle et bonne, surtout quand l’homme ne l’abîme pas, ce qui arrive malheureusement trop souvent.

Mais elle n’est pas que belle et bonne, même quand l’homme ne la saccage pas. Les tremblements de terre, les tsunamis, les tempêtes, inondations, sécheresses ne datent pas de la révolution sexuelle de 1968 ni du réchauffement climatique, quand bien même ce dernier serait dû à l’activité humaine.

Des espèces disparues, il y en a eu bien avant les désherbants et insecticides chimiques.

Ce virus, comme d’autres épidémies d’autrefois, choléra, peste, lèpres, appartient à la nature… L’origine de ce mal de la nature, dans la nature est mystérieux.

Dieu a tout créé bien et bon et au départ, la nature ne devait jamais provoquer ni mort ni mal. Dans la Bible, le premier mort l’est par homicide. Il ne décède pas de maladie…

La nature est bonne mais elle n’est pas que bonne. Elle est harmonieuse et pleine de vie. Mais elle porte en soi aussi, le mal et de quoi faire mal. Ce n’est pas un mal moral, c’est un mal lié à la nature des choses, de la création elle-même, qui est en devenir, mais du mal aussi que l’homme, par son péché, a entrainé. L’homme n’a pas seulement rompu sa relation avec Dieu par le péché, il a aussi introduit le mal à l’intérieur des relations humaines, à commencer par le couple, il a rompu l’harmonie dans le monde, dans son lien avec la nature qui se venge bien souvent, sans aucune miséricorde. Dieu pardonne toujours, l’homme parfois, la nature jamais.

« Avant d’être une question que nous posons à Dieu, le mal est une question que Dieu nous pose » disait Charles Journet. Si tel est le cas, Il attend notre réponse.

Billet n° 10 du 26 Mars 2020

Il y a 4 semaines nous entrions en Carême, mot qui signifie presque « quarantaine » ! La liturgie du Mercredi des Cendres nous rappelle : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » ! Comme il y a une autre formule au choix, beaucoup plus « soft », c’est elle qui est souvent choisie : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile » ! C’est d’autant plus étonnant qu’habituellement nous préférons tous (ou presque) le tutoiement !!!! Mais là…

Le Codid-19 nous rappelle que, de nous à la poussière, il suffit d’un virus ! Et oui, nous sommes mortels !!!

Pour ceux qui l’auraient oublié, c’est une nouvelle, à vrai dire ni bonne ni mauvaise, mais simplement, radicalement, égalitairement, inévitablement vraie ! Tous, sans exception, nous sommes mortels et destinés à être poussière.

Nous avons tendance à l’oublier… ou à opérer un « déni ». La mort ? Moi ? On verra ça plus tard. Surtout, n’y pensons pas ! Cachez-moi ces morts que je ne saurais voir…

Et pour être sûr que la mort ne soit plus un problème, ni une question, les lobby euthanasiques (euthanasie signifie : « bonne mort ») sont à la manœuvre : si chacun pouvait faire croire aux autres qu’il choisit la mort librement, cela donnerait aux autres la liberté de le tuer, à un moment ou à un autre !

Le virus ne se pose pas tant de questions… plus il en attrape, plus il se répand… ne laissant le choix à personne.

Autrefois, les prédicateurs prêchaient sur ce qu’on appelle habituellement « les fins dernières » : la mort, le jugement particulier et le jugement général, la résurrection, le purgatoire, l’enfer et même le Paradis !

Nos sociétés qui se complaisent dans le luxe, la richesse, la consommation de plaisirs et l’illusion de toute puissance sont brutalement confrontées à la réalité. Le COVID nous le rappelle.

D’où la panique et l’angoisse.

C’est lorsque je me crois fort… que je suis faible… et lorsque je suis faible (que je le sais, que je ne l’oublie pas, que j’en ai conscience et que, douloureusement, j’en fais l’expérience) … que je suis fort. Merci Saint Paul.

Billet n° 09 du 25 Mars 2020

En ce jour de l’Annonciation, -dans 9 mois ce sera Noël !-, où le Pape demande à tous les chrétiens de dire un Notre Père à midi et où les Evêques de France demandent aux Français de bonne volonté de déposer à 19 h 30 une bougie sur leur(s) fenêtre(s), de faire sonner pendant 10 mn les cloches des églises, de lire l’Evangile de l’Annonciation (Lc 1, 26-38) ou de réciter un chapelet, nous nous confions tout particulièrement à la Vierge Marie. Qu’elle nous protège, nous prenne sous son manteau, comme elle-même est protégée par l’Esprit Saint, enveloppée par Lui, remplie de Lui. « La Puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ».

Puisque Marie a été en contact avec lui, et qu’elle doit l’être toujours, qu’elle parle de nous à l’ange Gabriel, -sans doute un peu mystique- pour lui rappeler de parler à son collègue Michel, -nettement plus guerrier-, et lui demander de combattre pour nous et de nous défendre dans l’épreuve !

Et puis, contemplons cet événement : au jour de l’Annonciation, Dieu s’incarne. La deuxième Personne de la Trinité, qui est Dieu, parfaitement Dieu, Dieu infini et éternel, Créateur, va tout simplement se « confiner » dans le temps et dans l’espace : pendant neuf mois en Marie, avant de retrouver le jour, lui qui est la Lumière du monde. Certes, Marie est-elle un séjour immaculé, mais pour l’Infiniment grand, c’est quand même une sacrée réduction d’espace vital ! Et pour l’Eternel, une terrible soumission au temps ! Qui plus est, ces neuf mois ne sont qu’un prélude à sa naissance, pour un deuxième confinement, cette fois aux horizons de ce monde, un peu plus vaste que les entrailles maternelles mais nettement moins immaculé ! Testé sans péché, dès sa conception, méritait-il un tel traitement ?

En se confinant Lui-Même, Il nous ouvre de nouveaux horizons, des espaces infinis : celui de la charité, celui de la vie éternelle, le monde de la résurrection.

On peut dire de l’espace auquel nous sommes réduits, ce qu’Ernest Psichari disait du désert dans Le Voyage du Centurion (c’est vaste le désert mais moins peuplé qu’une seule de nos pièces !) : « Au désert, la pensée va plus en profondeur qu’en étendue ».

Eh bien que ce temps de confinement nous permette d’aller en profondeur. Profondeur de nos cœurs, profondeur de Dieu, profondeur de charité, et profondeur de patience !

Billet n° 8 du 24 Mars 2020

Si le Covid-19 nous rappelle à la charité chrétienne (voir billet précédent), il a aussi des vertus écologiques. Sans en faire un petit copain ou un concurrent de Greta Thunberg, il faut bien admettre qu’il est, de loin, diablement plus efficace ! Certes, il n’est pas très démocratique, -ne chinoisons pas !, n’ayant demandé l’avis de personne mais après tout, demander l’avis de tous, consulter en bonne et due forme tout un peuple ou des peuples ne garantit jamais qu’on tienne compte des consultations et avis !

Avec ce virus, même les canaux de Venise ont retrouvé en quelques jours une eau transparente, révélant ainsi la face polluante du tourisme ou des touristes…

Et le ciel de la Chine n’est plus jaune mais bleu !

Sans parler de la pollution sonore qui a quasi disparu de nos villes ! On entend de nouveau le chant des oiseaux …

Ce virus mérite un label « vert » !

Il montre bien, finalement, que tout est un peu question de volonté et nous renvoie à notre responsabilité personnelle. A la différence des grands discours alarmistes sur le réchauffement de la planète qui, maniant la peur, veulent rendre chacun de nous responsable de tout ce qui ne va pas sur la planète, comme si chacun de nous pouvait à lui seul la sauver, il vient nous rappeler que chacun de nous est responsable de ce petit morceau de terre sur lequel il se trouve avec d’autres.

Et que la première écologie est tout simplement une écologie humaine : prendre soin de la personne, des personnes, à commencer par notre prochain, les autres étant nécessairement plus lointains. Il faut que chacun prenne soin de lui-même, unique chemin pour prendre soin des autres ! C’est une bonne leçon !

L’homme libre et responsable n’est pas un ennemi de la nature. Il en est le gardien comme il est aussi le gardien de son frère.

Billet n° 7 du 23 Mars 2020

Est-ce bien raisonnable de vouloir attribuer à ce virus quelques vertus ? Sans pour autant nier ses vices ! Mais… une chose après l’autre !

Ce virus serait presque chrétien si on juge l’arbre à ses fruits … En effet, il nous permet, il nous encourage, il nous pousse à vivre le grand commandement de l’Évangile dans sa deuxième partie : aimer son prochain comme soi-même.

Ainsi, même le gouvernement nous encourage : ‘prenez soin des personnes fragiles, des personnes âgées; si vous ne pouvez leur rendre visite, téléphonez, prenez des nouvelles’…

Cet amour du prochain nous oblige à nous confiner, car nous ignorons si nous sommes « contagieux ».

Le chrétien, évidemment n’a pas peur de la mort. A l’image de son Maître, il est prêt à donner sa vie, à perdre sa santé pour aider les autres. Comment ne pas porter dans notre prière, avec admiration, médecins, infirmières… et tous ceux qui dans « cette guerre » contre le virus sont sur le front ? Qu’ils puissent se sentir soutenus par tout un peuple, même s’ils se sentent abandonnés par quelques-uns !

Le chrétien est prêt à donner sa vie et pourtant, il lui est demandé, dans cette lutte contre l’ennemi invisible, de se protéger lui-même, de se confiner… pour ne pas transmettre le virus au cas où il en serait victime sans le savoir.

Se protéger, non par peur de contracter le virus mais par peur de le transmettre, l’un supposant l’autre. C’est ce qui donne cette impression paradoxale dans la lutte et qui a des conséquences surprenantes pour un chrétien : l’interdiction de se rassembler dans les églises pour supplier le Seigneur très bon de nous aider, de nous protéger.

Il faudrait commencer par tester les chrétiens -ça sent la discrimination !- et tous ceux qui seraient testés négatifs auraient pour mission de remplir les églises nuit et jour pour prier…

Même s’il y avait assez de tests pour tout le monde, ce qui devrait être normal, il n’est pas sûr qu’ils soient utilisés en priorité pour permettre aux chrétiens de se rassembler et d’aider leurs frères avec la grâce qui est la leur !

Heureusement, aucun virus, aucune loi, aucun confinement ne pourront jamais empêcher un chrétien de prier, d’offrir des sacrifices, d’intercéder pour ses frères. Par contre, un virus, plus un décret, plus un confinement, nous laissent du temps pour prier !

Billet n° 6 du 22 Mars 2020

Qu’est-ce que Dieu, qui ne veut pas ce virus, veut me dire avec l’apparition de ce virus ? Telle était la question d’hier …

Question qui demeure aujourd’hui, et qui, très probablement, pourra nous occuper encore un certain temps ! Surtout si Dieu a beaucoup de choses à nous dire, -personnellement et/ou collectivement-, ce qui n’est pas impossible !

Ce virus pourra-t-il, suffira-t-il à nous ouvrir les yeux ? Pas seulement les yeux des gouvernants, mais de tous les aveugles que nous sommes tous un peu ?

Car si l’aveugle a une difficulté avec le visible, qu’il ne perçoit pas, le clairvoyant, lui, ne se laisse pas surprendre par l’invisible. Et nos gouvernants semblent bien avoir manqué de clairvoyance.

Ainsi l’aveugle peut être clairvoyant !

Et si finalement, être aveugle voulait dire – plutôt que ne pas pouvoir voir le visible-, le regarder, ne regarder que lui, le regarder jusqu’à en être esclave et se priver ainsi de ne plus percevoir l’invisible au-delà du visible ?

Pourtant, l’invisible est plus fondamental et nécessaire que le visible.

Saint Paul l’exprime clairement :  « Et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel. » 2 Co 4 18.

A trop regarder ce qui se voit, les apparences (1 Sa 16, 7), le « bling-bling », le superficiel, on perd de vue ce qui ne se voit pas, ou qui ne se voit qu’avec le cœur (le Petit Prince), avec la foi (le Roi des rois) !

« Je suis la lumière du monde » nous dit Jésus dans l’Evangile de ce dimanche. Qui refuse la lumière, peut-il encore voir quelque chose au-delà des apparences, de ce qui tape à l’œil ?

Une société sans Dieu devient naturellement inhumaine.

« Quand l’homme essaie d’imaginer un Paradis sur terre, ça fait tout de suite un enfer très convenable ». Paul Claudel.

N’est-ce pas en partie ce qui s’est passé ces dernières années où les gouvernements successifs ont voulu créer ou accorder des droits nouveaux à toutes sortes de minorités, ne se préoccupant plus de l’essentiel : assurer d’abord la protection de tout un peuple ?

Difficile de se cacher, quand il n’y a pas ou plus de masques !

Billet n° 5 du 21 Mars 2020

Chaque jour, tous les jours de l’année, peut-être un peu plus en carême, voire beaucoup plus en confinement, les chrétiens prient avec les paroles enseignées par le Maître : « Que ta volonté soit faite ! ».

C’est notre désir le plus profond et sans doute un des meilleurs !

Comment soumettre ce virus à la volonté de Dieu ? Ce virus entre-t-il dans le plan de Dieu ? Dieu veut-il ce virus et ses ravages ? Ou à l’inverse Dieu s’oppose-t-il à ce virus et le combat-il ? Mais alors, Dieu est-il encore tout puissant s’il ne peut empêcher un minuscule virus ?

Ou bien est-il pervers, s’amusant à voir les dégâts et nos réactions, parfois contradictoires ? et nos paniques qui ‘supermarchent’ !

Et si ce virus est selon la volonté de Dieu, lui demander que sa volonté soit faite, est-ce devenir complice du virus ?

Et la pire des questions n’est plus très loin : « Dieu veut-il le mal ? ».

Abritons-nous, pour essayer de réfléchir, derrière les grands saints qui ont réfléchi à cette question. Saint François de Sales explique dans un entretien sur la confiance, que la volonté de Dieu se manifeste à notre égard de deux manières. D’abord, et c’est la plus explicite, la plus lumineuse, la plus évidente, la plus compréhensible immédiatement, il l’exprime par sa Parole, ses commandements, ses conseils, ses inspirations. A cette volonté, quand elle est connue, il ne reste qu’à obéir.

Et puis, il manifeste sa volonté d’une manière plus mystérieuse, à travers « les évènements des choses que nous ne pouvons pas prévoir ».

Exemple : Dieu veut que j’aille à la messe (volonté clairement signifiée) et sur le chemin, je me casse la jambe donc je prends la direction de l’hôpital ! Dieu ne veut pas que je me casse la jambe mais comme je constate en regardant ma jambe qu’il n’a pas empêché qu’elle se casse, j’accepte que sa volonté soit faite avec ma jambe cassée. Dieu ne veut pas que je me casse la jambe mais puisque elle est cassée, il continue à me parler et me dit quelque chose par elle, à cause d’elle, grâce à elle.

La question est donc : Qu’est-ce que Dieu, qui ne veut pas ce virus, veut me dire avec l’apparition de ce virus ? Manifestement sa volonté n’est pas fête tous les jours !

Billet n° 4 du 20 Mars 2020

Ce confinement qui nous est imposé nous oblige à vivre dans un espace réduit, limité, celui de notre habitation. Nous allons y passer du temps, plus de temps que d’habitude ! Heureuse occasion pour certains, de faire du ménage, du rangement, -enfin !-, de petits travaux qui attendent depuis longtemps…

Ne serait-il pas intéressant de pouvoir se réapproprier à la fois le temps que nous passons dans nos habitations et l’espace qui est le nôtre ? Ce monde nous oblige tellement à « sortir », à toujours aller voir ailleurs, à n’avoir jamais le temps…

Se réapproprier le temps et l’espace, et tout cela en famille. Car le lieu d’habitation est le lieu où se retrouvent, se réunissent, se rencontrent les membres de la famille. C’est un lieu de vie, pas seulement un lieu de passage !

Un lieu auquel nous sommes tellement habitués que parfois, nous n’y faisons plus attention…

Ce lieu et ce temps, il faut les occuper ! Le même verbe pour le lieu et le temps… Il faut les remplir. Pas n’importe comment si possible.

Et il est bon, alors que nous ne sommes qu’au début de notre vie « conventuelle » derrière la clôture imposée par le virus, de réfléchir à notre programme pendant ce confinement.

Et cela ne peut pas se faire de manière égoïste, même pour ceux qui vivent seuls, mais il faut tenir compte des autres.

N’est-ce pas l’occasion de retrouver le sens du jeu, des jeux de « société », en famille, petits et grands ? N’est-ce pas l’occasion de discuter, de se cultiver, de partager quelques lectures ?

Quelle tristesse si ce confinement nous obligeait seulement à passer encore plus de temps devant nos écrans, chacun devant le sien, cherchant surtout à « tuer le temps » et à fuir l’espace auquel nous sommes réduits ? Car on ne peut pas être à la fois dedans et dehors !

Le confinement pourrait-il être l’occasion d’une intériorité accrue ?

Dieu ne veut-il pas demeurer chez nous ? Mais plus encore en nous ? Et Lui ne vient pas fuyant l’épidémie du Covid 19 mais par amour. Arrière virus ! Viens Jésus !

Billet n° 3 du 19 Mars 2020

En cette Fête de Saint Joseph, nous nous confions tout particulièrement à ce grand saint, modèle des âmes d’oraison, protecteur de la famille et de l’Église.

La prière peut-elle quelque chose contre le virus ?

Faut-il prier davantage en temps d’épidémie ? Faudrait-il célébrer plus de messes, avec grand concours de peuple ? Faut-il faire des processions comme autrefois ?

Ou bien la prière ne sert-elle qu’à obtenir des grâces pour ceux qui sont malades et ceux qui les soignent, pour ceux qui vont mourir mais sans arrêter la progression de l’épidémie ?

Si se rassembler pour prier permet davantage de contamination, est-ce ce que Dieu demande ?

Tout attendre de la science sans mettre sa confiance en Dieu, n’est-ce pas un manque de foi ?

Il faut maintenir unies entre elles la foi et la raison. La foi n’est pas contre la raison et la raison n’est pas contre la foi. La foi est au-dessus de la raison mais pas contre elle.

Il faut rester raisonnables dans nos manières d’agir, de vivre, de tout faire pour empêcher de recevoir le virus car c’est la meilleure façon de le transmettre !

Et il faut prier de tout notre cœur, de toute notre foi, de toutes nos forces.

Dieu peut faire des miracles. Pourquoi ne les fait-il pas ?

« Il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. » Mt 13, 58.

Dieu ne s’adresse pas à nous seulement avec des miracles. Même si Jésus en fit beaucoup, ce n’était pas le cœur de son message. Ils n’étaient qu’un signe d’une réalité plus profonde, plus importante : Dieu est avec nous. Soyons aussi avec Lui.

Prière de Saint François de Sales à Saint Joseph

Glorieux saint Joseph, époux de Marie, accordez-nous votre paternelle protection, nous vous en supplions par le cœur de Jésus-Christ. O vous, dont la  puissance s’étend à toutes nos nécessités et sait rendre possibles les choses les plus impossibles, ouvrez vos yeux de père sur les intérêts de vos enfants. Dans l’embarras et la peine qui nous pressent, nous recourons à vous avec confiance ! Daignez prendre sous votre charitable conduite cette épidémie, cause de nos inquiétudes. Faites que son heureuse issue tourne à la gloire de Dieu et au bien de ses dévoués serviteurs. Ainsi soit-il.

Billet n° 2 du 18 Mars 2020

Il y a un an, pour débuter la Semaine Sainte, nous assistions, en direct sur tous les écrans, à l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris. Et beaucoup se demandaient : « Mais qu’est-ce que cela signifie ? »

Cette année, dès le 3ème dimanche de Carême, nous subissons l’attaque invisible d’un virus ! Et la même question surgit : « Mais qu’est-ce que cela signifie ? »

A notre époque orgueilleuse, fière de se lancer dans l’intelligence artificielle, -qui ne nous privera sans doute jamais totalement de la bêtise naturelle !-, un virus de rien du tout paralyse le monde entier, le confine, le soumet à sa présence réelle ou supposée…

L’invisible et minuscule virus fait plier le monde !

-Il ralentit ou arrête tout ou presque dans le monde du travail, pour au moins 15 jours, dans notre pays… là où, même le dimanche, nous n’arrivons pas, de nous-mêmes, à arrêter le travail pour louer le Seigneur en temps normal !

-Il déstabilise toute l’économie…

-Il diminue la pollution radicalement… là où tous les efforts pour vivre « Laudato si » semblaient souvent d’une efficacité dérisoire …

-Il nous oblige à prendre un soin particulier des personnes fragiles … quand certains ne cessent de vouloir l’avortement des enfants handicapés et l’euthanasie des « gens vieux et inutiles qui coûtent cher »…

-Il nous apprend à ne plus nous moquer de nos ancêtres et de leurs grandes peurs du Moyen-âge … nous qui, avec tous nos progrès scientifiques, nous laissons piéger jusqu’à la psychose et allons piller les magasins…

Ne nous oblige-t-il pas finalement à nous arrêter pour réfléchir un peu au sens de notre vie, de la mort, du monde et peut-être à Dieu ?

« Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu ! » Ps 46, 11

Billet n° 1 du 17 Mars 2020 

Carême et confinement (1)

Depuis dimanche, les « cérémonies » selon le vocabulaire gouvernemental, -mais à l’église, il n’y a que des célébrations-, sont suspendues. Nous voilà privés de messes dominicales et quotidiennes … Il ne peut pas s’agir d’un « jeûne eucharistique » comme on l’entend dire ici où là, -cette expression désignant le jeûne qui précède chaque communion eucharistique-, mais bien d’une privation, d’un manque. Le jeûne est volontaire, la privation est imposée.

Ce manque est vécu douloureusement par beaucoup ! Cette privation nous rappelle combien, finalement, nous sommes attachés à la messe, même si parfois, nous y allons avec plus de distractions que d’enthousiasme et y assistons sans nous « livrer » totalement à Celui qui disait, dans l’Évangile de ce premier dimanche sans messe publique : « Donne-moi à boire » et qui nous redira dans quelques jours, du haut de la Croix : « J’ai soif ».

Cette privation de l’Eucharistie s’accompagne de la privation de la communauté chrétienne. Nous ne sommes plus ensemble pour célébrer notre Dieu. Chacun peut le faire chez soi… sans le soutien des autres mais dans la foi. Nous nous manquons les uns aux autres ! Nous sommes privés les uns des autres.…

Cette privation peut mettre en évidence ce que parfois nous oublions : nous avons soif et faim de Dieu et des autres !

Puisse ce temps du Carême nous le rappeler. Le Seigneur est fidèle. « Tout est grâce ».

« Sans doute, c’est une grande grâce de recevoir les Sacrements ; mais quand le bon Dieu ne le permet pas, c’est bien quand même, tout est grâce. » Thérèse de l’Enfant, le 5 juin 1897.

+ Père Cyril FARWERCK