Léon XIV encourage tous les baptisés à se confesser

Léon XIV encourage les baptisés.

Quelques bienfaits de la confession (Extrait d’un discours du 13 mars 2026)

Le sacrement de la réconciliation — nous le savons — a connu dans l’histoire un développement important, tant dans la compréhension théologique que dans la forme de sa célébration. L’Église, mère et maîtresse, en a progressivement reconnu le sens et la fonction, élargissant la possibilité de sa célébration. Pourtant, à la possibilité de recevoir de façon répétée ce sacrement ne correspond pas toujours, chez les baptisés, un empressement à y recourir : c’est comme si le trésor infini de la miséricorde de l’Église restait «inutilisé», à cause d’une distraction répandue parmi les chrétiens qui demeurent souvent longtemps en état de péché plutôt que de s’approcher du confessionnal avec une simplicité de foi et de cœur pour accueillir le don du Seigneur ressuscité.

Ce fut le IVᵉ Concile du Latran, en 1215, qui établit que chaque chrétien est tenu à la confession sacramentelle au moins une fois par an; et le Catéchisme de l’Église catholique, après le Concile Vatican II, a confirmé cette norme (cf. CEC, n. 1457), qui est aussi une loi de l’Église: «Tout fidèle parvenu à l’âge de discrétion est tenu par l’obligation de confesser fidèlement ses péchés graves au moins une fois par an» (C. de D.C, n.  989).

Saint Augustin affirme : « Celui qui confesse ses péchés agit déjà avec Dieu. Dieu accuse tes péchés ; si tu les accuses toi aussi, tu te joins à Dieu » (In Iohannis evangelium tractatus 12, 13: CCL 36, 128). Reconnaître nos péchés, en particulier en ce temps de Carême, signifie donc « nous mettre d’accord » avec Dieu, nous unir à Lui.

Le sacrement de la réconciliation est alors un « laboratoire d’unité » : il rétablit l’unité avec Dieu, à travers le pardon des péchés et l’infusion de la grâce sanctifiante. Cela conduit à l’unité intérieure de la personne et l’unité avec l’Église ; c’est pourquoi cela favorise aussi la paix et l’unité au sein de la famille humaine. On pourrait se demander : les chrétiens qui portent de graves responsabilités dans les conflits armés ont-ils l’humilité et le courage de faire un sérieux examen de conscience et de se confesser ?

Mais — demandons-nous encore — l’homme, petite et simple créature, peut-il vraiment « rompre l’unité » avec le Créateur ? Cette image n’est-elle pas partielle et, en définitive, appauvrissante de la Révélation que Jésus nous a faite de Dieu ?

En réalité, le péché ne rompt pas l’unité entendue comme dépendance ontologique de la créature envers le Créateur : même le pécheur demeure totalement dépendant de Dieu Créateur, et cette dépendance, lorsqu’elle est reconnue, peut ouvrir le chemin de la conversion.

Le péché rompt plutôt l’unité spirituelle avec Dieu : il consiste à lui tourner le dos, et cette possibilité dramatique est aussi réelle que le don de la liberté que Dieu lui-même a fait aux êtres humains. Nier la possibilité que le péché rompe réellement l’unité avec Dieu signifie en réalité méconnaître la dignité de l’homme, qui est — et demeure — libre et donc responsable de ses actes.

[…]

L’unité rétablie avec Dieu est aussi l’unité avec l’Église, qui est le corps mystique du Christ : nous sommes membres du « Christ total ». […]

Pour cette raison, dans la célébration de la Confession sacramentelle, tandis que les pénitents sont réconciliés avec Dieu et avec l’Église, l’Église elle-même s’édifie, et est enrichie par la sainteté renouvelée de ses enfants repentants et pardonnés. Dans le confessionnal, chers frères, nous collaborons à l’édification continue de l’Église : une, sainte, catholique et apostolique ; et ce faisant, nous donnons aussi de nouvelles énergies à la société et au monde.

Enfin, l’unité avec Dieu et avec l’Église est le présupposé de l’unité intérieure des personnes, aujourd’hui si nécessaire dans ce temps de fragmentation que nous vivons. Cette unité intérieure apparaît comme un désir réel surtout chez les jeunes générations. Les promesses non tenues d’un consumérisme effréné et l’expérience frustrante d’une liberté détachée de la vérité peuvent se transformer, par la miséricorde divine, en occasions d’évangélisation : en faisant ressortir le sentiment d’inachèvement, elles permettent de susciter les questions existentielles auxquelles seul le Christ répond pleinement. Dieu s’est fait homme pour nous sauver, et il le fait aussi en éduquant notre sens religieux, notre recherche irrépressible de vérité et d’amour, afin que nous puissions accueillir le Mystère en qui « nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 17, 28).

Ce dynamisme d’unité avec Dieu, avec l’Église et en nous-mêmes est un fondement de la paix entre les hommes et les peuples : seule une personne réconciliée est capable de vivre de manière désarmée et désarmante ! Celui qui dépose les armes de l’orgueil et se laisse continuellement renouveler par le pardon de Dieu, devient un artisan de réconciliation dans la vie quotidienne. En lui ou en elle s’accomplissent les paroles attribuées à saint François d’Assise : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix ».

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