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Homélie du 01 Janvier 2023

SAINTE MARIE, MERE DE DIEU

Au lendemain de la mort du Pape émérite, Benoît XVI.

Huit jours après Noël, nous fêtons la Maternité divine de la Vierge Marie.

La joie de cette célébration permet à tous les baptisés qui ont perdu hier celui qui a été leur Père, leur Saint-Père, pendant 8 ans, en assumant la charge de serviteur des serviteurs de Dieu, de vivre ce départ dans une immense espérance et une action de grâce digne du Magnificat de Marie. 

Il y avait entre Joseph devenu Benoît XVI et Marie, la Mère de Dieu, une grande affection et une connaissance spirituelle qui nous donnent de célébrer la Mère de Dieu, avec les paroles- mêmes du Pape Benoît.

Dès la première homélie de son Pontificat, il avait « déposé le présent et l’avenir de (s)a personne et de l’Église » entre les mains de la Très Sainte Vierge Marie. En ce premier jour de l’année, comme lui, nous pouvons en faire autant.

Comme Marie, il a médité dans son cœur, longuement, inlassablement, les mystères du Seigneur, les évènements, – paroles et signes – qui concernent le Rédempteur. Il avait une dévotion d’enfant et de théologien, pour l’Enfant-Dieu et sa Mère.

Dans ses homélies du 1er janvier, il revient souvent sur cette méditation de la Mère de Dieu :

Ainsi, en 2006, il disait : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (Lc 2, 19). Le premier jour de l’année est placé sous le signe d’une femme, Marie. L’évangéliste Luc la décrit comme la Vierge silencieuse, constamment à l’écoute de la parole éternelle, qui vit dans la Parole de Dieu. Marie garde dans son cœur les paroles qui viennent de Dieu et, les unissant les unes aux autres comme dans une mosaïque, elle apprend à les comprendre. A son école nous voulons apprendre nous aussi à devenir des disciples attentifs et dociles du Seigneur. »

En 2008, il précisait : « « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19). Le verbe grec employé « sumbállousa » signifie littéralement « mettre ensemble » et fait penser à un grand mystère à découvrir peu à peu. L’Enfant qui pleure dans la mangeoire, bien que semblable en apparence à tous les enfants du monde, est dans le même temps très différent : il est le Fils de Dieu, il est Dieu, et vrai homme. Ce mystère – l’incarnation du Verbe et la maternité divine de Marie – est grand et assurément difficile à comprendre avec la seule intelligence humaine.

A l’école de Marie, toutefois, il est possible de saisir avec le cœur, ce que les yeux et l’esprit ne parviennent pas à percevoir seuls, ni ne peuvent contenir. Il s’agit en effet d’un don si grand que ce n’est que dans la foi qu’il nous est donné de l’accueillir, même en ne le comprenant pas parfaitement. »

Cette difficulté à comprendre ne peut être dépassée que dans la foi. Comment Marie est-elle vraiment Mère de Dieu ? Difficulté qui se renforce quand on se rappelle qu’elle demeure Vierge dans sa maternité !

Le 1er janvier 2007, Benoît XVI prêchait : « Dans la liturgie d’aujourd’hui domine la figure de Marie, vraie Mère de Jésus, Homme et Dieu. La solennité d’aujourd’hui ne célèbre donc pas une idée abstraite, mais bien un mystère et un événement historique : Jésus Christ, personne divine, est né de la Vierge Marie, qui est, au sens le plus vrai, sa mère.

Au-delà de la maternité est aujourd’hui également soulignée la virginité de Marie. Il s’agit de deux prérogatives qui sont toujours proclamées ensemble et de manière indissociable, parce qu’elles se complètent et se qualifient mutuellement. Marie est mère, mais une mère vierge ; Marie est vierge, mais une vierge mère. Si l’on néglige l’un ou l’autre aspect, on ne comprend pas pleinement le mystère de Marie, tel que nous le présentent les Évangiles. Mère du Christ, Marie est aussi Mère de l’Église […]. Marie est, enfin, la Mère spirituelle de l’humanité tout entière, car c’est pour tous les hommes que Jésus a donné son sang sur la croix, et c’est tous les hommes que, depuis la croix, il a confiés à ses soins maternels. »

Tous les hommes sans exception peuvent se tourner vers elle … et vers son Fils. On ne peut pas séparer ceux que Dieu a unis.

« En glorifiant le Fils, on honore la Mère et en honorant la Mère, on glorifie le Fils. Le titre de « Mère de Dieu », que la liturgie met aujourd’hui en évidence, souligne la mission unique de la Sainte Vierge dans l’histoire du salut : une mission qui est à la base du culte et de la dévotion que le peuple chrétien lui réserve. Marie, en effet, n’a pas reçu le don de Dieu uniquement pour elle-même, mais pour l’apporter au monde : dans sa virginité féconde, Dieu a donné aux hommes les biens du salut éternel (cf. Collecte). Et Marie offre continuellement sa médiation au Peuple de Dieu en pèlerinage dans l’histoire vers l’éternité, comme jadis elle l’offrit aux pasteurs de Bethléem. Quant à elle, qui a donné la vie terrestre au Fils de Dieu, elle continue à donner aux hommes la vie divine, qui est Jésus lui-même et son Esprit Saint. C’est pourquoi elle est considérée comme la mère de chaque homme qui naît à la Grâce et qu’elle est également invoquée comme Mère de l’Église. », précise le Pape Benoît dans son homélie du 1er janvier 2011.

En méditant sur Marie, sa Maternité, sa Virginité, toutes réalités relatives à son Fils Jésus, Benoît XVI, nous fait souvent réfléchir sur notre propre vie, souvent en lien avec la paix, puisque c’est aussi aujourd’hui la Journée mondiale pour la Paix. Ainsi en 2009, il nous invite à la pauvreté :

« La naissance de Jésus à Bethléem nous révèle que Dieu a choisi la pauvreté pour lui-même à travers sa venue parmi nous. La scène que les pasteurs virent les premiers, et qui confirma l’annonce qui leur était faite par l’ange, est celle d’une étable où Marie et Joseph avaient trouvé refuge, et d’une crèche où la Vierge avait déposé le nouveau-né enveloppé de langes (cf. Lc 2, 7.12.16). Cette pauvreté, Dieu l’a choisie. Il a voulu naître ainsi – mais nous pourrions aussitôt ajouter : il a voulu vivre, et également mourir ainsi. Pourquoi ? […] »

Benoît XVI ajoute qu’il y a « (une) pauvreté « à choisir » et (une) pauvreté « à combattre » ». « Ici s’ouvre, dit-il, une voie féconde de fruits pour le présent et pour l’avenir de l’humanité, que l’on pourrait résumer ainsi : pour combattre la pauvreté injuste, qui opprime tant d’hommes et de femmes et qui menace la paix de tous, il y a besoin de redécouvrir la sobriété et la solidarité, comme valeurs évangéliques et en même temps universelles. Plus concrètement, on ne peut pas combattre efficacement la misère si l’on ne fait pas ce qu’écrit saint Paul aux Corinthiens, c’est-à-dire si l’on ne cherche pas à « établir l’égalité », en réduisant l’écart entre ceux qui gâchent le superflu et ceux qui manquent même du nécessaire. Cela comporte des choix de justice et de sobriété, des choix qui sont d’ailleurs exigés par l’exigence d’administrer sagement les ressources de la terre qui sont limitées. »

Terminons par la 1ère lecture et la bénédiction solennelle qu’elle contient et renouvelle :

Pour nous bénir, Dieu est venu par Marie. Elle est donc la première bénie, la « bénie entre toutes les femmes ». Écoutons encore Benoît XVI, dans son homélie du 1er janvier 2012 :

« La première à être comblée de cette bénédiction a été Marie, la vierge, épouse de Joseph, que Dieu a choisie dès le premier instant de son existence pour être la mère de son Fils fait homme. Elle est « bénie entre toutes les femmes » (Lc 1, 42) – comme la salue sainte Élisabeth. »

Frères et sœurs, c’est à elle, porte du ciel, que nous confions Benoît XVI. Qu’elle accueille dans le Royaume de son Fils celui qui a si bien parlé, et nous parlera longtemps encore, du Fils et de sa Mère, et de tous les mystères qui s’y rapportent. Amen !