« Que tous soient un… »

 Message pour la semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2017 

Cinq cents ans après le commencementsans-titre de ce qu’on a appelé la Réforme, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens devrait susciter en nous cette année un intérêt plus accentué. « C’est un usage cher aux catholiques que de se réunir souvent pour renouveler la prière demandant l’unité de l’Eglise, celle que le Sauveur lui-même, la veille de sa mort, a élevée de façon suppliante vers son Père : qu’ils soient tous un ». Nous sentons-nous toujours concernés par cette affirmation du Concile Vatican II ?

Depuis la promulgation du décret sur l’œcuménisme en 1964, il est vrai, beaucoup de rapprochements se sont opérés, des relations se sont développées, des usages se sont transformés. Nous pouvons rendre grâce pour le chemin parcouru par nos aînés. Avec persévérance demandons aussi la grâce d’être conduits par le Seigneur vers l’unité parfaite.

Relisons les affirmations du Concile, écoutons une nouvelle fois ses fortes paroles : « Il est certain que la division s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l’Evangile à toute créature ». Et encore : « Dans l’action œcuménique, les fidèles de l’Eglise catholique, sans hésitation, se montreront pleins de sollicitude pour leurs frères séparés : ils prieront pour eux, parleront avec eux des choses de l’Eglise, feront vers eux les premiers pas. Ils considéreront avec loyauté et attention tout ce qui, dans la famille catholique elle-même, a besoin d’être rénové et réalisé (…). Il est nécessaire que les catholiques reconnaissent avec joie et apprécient les valeurs réellement chrétiennes qui ont leur source au commun patrimoine et qui se trouvent chez nos frères séparés. »

Croyons-nous l’unité possible ? Car rien n’est impossible à Dieu. Acceptons-nous de reconnaître qu’elle implique une plus grande fidélité à notre vocation chrétienne ? « Tout le décret sur l’œcuménisme, a écrit saint Jean-Paul II, est pénétré par l’esprit de conversion. » La prière de Jésus, sur qui s’appuie notre confiance, est à la fois « un impératif qui nous oblige, une force qui nous soutient, un reproche salutaire face à nos paresses et à nos étroitesses de cœur ». Le dialogue n’est pas seulement fait de courtoisie et de respect mutuel, il a aussi une dimension « verticale » qui l’oriente vers le Rédempteur du monde et le Seigneur de l’histoire : c’est Lui qui est notre réconciliation. En Lui, l’Eglise n’est pas divisée.

« Nous devons toujours nous rappeler que nous sommes pèlerins et que nous pérégrinons ensemble, dit le pape François. A travers un échange de dons, l’Esprit peut nous conduire toujours plus à la vérité et au bien. » Poursuivons donc résolument avec confiance la route sur laquelle le Seigneur nous accompagne.

« Regarde avec amour, Seigneur, l’Eglise de ton Fils : nous te prions d’unir dans la totalité de la foi et par le lien de la charité tous les hommes qu’un seul baptême a consacrés. » (Missel romain).

Nîmes, le 17 janvier 2017

+ Robert WATTEBLED

Evêque de Nîmes