Message de notre évêque

Aux catholiques du diocèse de Nîmes

à l’occasion du cinq centième anniversaire de la Réforme

RéformeAutour de la date symbolique du 31 octobre, anniversaire de l’affichage supposé des quatre-vingt-quinze thèses de Luther en 1517 à Wittenberg, nos frères protestants commémorent ces jours-ci le cinq centième anniversaire de la Réforme. Un rassemblement national est prévu le dimanche 29 à Strasbourg. La télévision retransmettra le culte qui y sera célébré.

Les relations entre confessions chrétiennes ne relèvent pas des « affaires étrangères » de notre Eglise. Elles ne sont pas confiées à des spécialistes des « relations extérieures ». Les relations œcuméniques sont internes à l’Eglise du Christ et le Christ n’est pas divisé. Le souci de l’unité concerne toute l’Eglise, les pasteurs et les autres fidèles, chacun selon sa propre situation.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas rester indifférents à la commémoration de la Réforme. Nous aurons en ce dimanche une intention de prière particulière pour l’unité des chrétiens. Nous ne célébrons évidemment pas la division si contraire à la volonté du Christ, nous prions Celui qui peut et veut rassembler ses enfants dispersés.

« L’engagement œcuménique, a écrit saint Jean-Paul II, doit être fondé sur la conversion des cœurs et sur la prière, qui conduiront aussi à la nécessaire purification de la mémoire historique. » S’agissant de Martin Luther, des jugements biaisés par la controverse et la polémique ont longtemps eu cours chez les catholiques. Les approches historiques soulignent maintenant qu’en 1517 il voulait une réforme substantielle de l’Eglise selon l’esprit de l’Evangile mais non pas une réforme qui briserait son unité. Connaissons-nous la déclaration de Benoît XVI à Erfurt le 23 septembre 2011 :

 

 « Ce qui a animé Luther, c’est la question de Dieu, qui fut la passion profonde et le ressort de sa vie et de son itinéraire tout entier. “Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ?” Cette question lui pénétrait le cœur et se trouvait derrière chacune de ses recherches théologiques et de ses luttes intérieures. […] Que cette question ait été la force motrice de tout son itinéraire, me touche toujours à nouveau profondément. Qui, en effet, se préoccupe aujourd’hui de tout cela, même parmi les chrétiens ? Que signifie la question de Dieu dans notre vie ? Dans notre annonce ? »

Et le Pape poursuivait : « Le mal n’est pas une bagatelle et il ne pourrait pas être aussi puissant si nous mettions vraiment Dieu au centre de notre vie. La question :  » Quelle est la position de Dieu à mon égard, comment je me situe moi devant Dieu ?  » – cette question brûlante de Luther doit devenir de nouveau, et certainement sous une forme nouvelle également notre question, non de manière académique mais réellement. »

Catholiques du Gard, nous sommes particulièrement concernés par l’engagement œcuménique. Il concerne l’amour que Dieu porte à l’humanité entière en Jésus Christ car la mission est indissociable de la communion. Que la commémoration de la Réforme stimule donc notre marche sur le chemin de l’unité selon la prière de Jésus à la veille de sa passion : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient un en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21).

Nîmes, le 24 octobre 2017

+ Robert Wattebled

Evêque de Nîmes